Pierre-Olivier Monteil

  • éthique de la pratique ordinaire Nouv.

    Le monde du travail et l'activité quotidienne nous réservent de multiples difficultés que nous prenons pour des détails sans importance. Vaut-il mieux adresser cette demande par courriel ou bien l'exprimer de vive voix ? Comment aborder un désaccord avant qu'il ne tourne à la fâcherie ? Certains jours, la question revêt une ampleur particulière : que fais-je dans cette galère ? Cela ne peut plus durer ! Il peut être tentant de faire la sourde oreille et d'esquiver le questionnement. Jusqu'à ce que nous trébuchions encore sur cette difficulté, toujours la même, et que nous consentions enfin à nous interroger sur nos convictions et nos manières de faire. C'est-à-dire sur notre éthique.
    En invitant à la prise de recul sur nos pratiques de communication, notre rapport au pouvoir, l'action dans l'urgence, ou la préoccupation du risque, ce livre met au jour les ressources cachées dont nous disposons tous, même si elles sont aujourd'hui mal traitées. Celles du discernement, de la sensibilité et de la gratitude.

  • « C'est Ricoeur qui m'a poussé à faire de la politique, parce que lui-même n'en avait pas fait » expliquait durant la campagne présidentielle Emmanuel Macron. Élu le 7 mai 2017, le président de la République se réclame de la philosophie de celui dont il fut l'un des collaborateurs. Exagération, usurpation ? Quelques voix discordantes se sont élevées pour mettre en doute un tel compagnonnage. Le fait est néanmoins établi. « On peut légitimement parler d'intimité intellectuelle à propos de la relation qui s'est établie entre eux », nous explique l'auteur. Au pouvoir, Macron « métabolise » la philosophie de Ricoeur. Ce texte détaille avec brio les ressorts intellectuels d'un quinquennat qui s'annonce riche en événements et bouleversements. Le lecteur comprendra mieux sa notion de « en même temps » qui a tant intrigué ou fait rire, sa conception de l'exercice du pouvoir ou de la liberté individuelle. Reste à savoir si le système de pensée macronien ne sera pas corrompu par la realpolitik...

  • Ce traité philosophique évoque 50 concepts fondamentaux permettant de définir les contours de la notion de bien commun.

  • Ce recueil d'entretiens associe des auteurs français de renom à quelques théologiens et intellectuels protestants de langue française parmi les plus marquants. Il met en dialogue des discours contemporains sur la modernité et des positions protestantes. Le débat porte sur le rôle historique joué par la Réforme dans le développement de la modernité, mais il se nourrit aussi de l'écart que peut introduire un regard protestant dans les réflexions sur le monde actuel. Avec Jean-Paul Willaime et Jean Baubérot sont précisés la teneur et les contours d'un principe protestant. Dans un deuxième temps, Pierre Manent, Marcel Gauchet, Marc Augé et Olivier Mongin interrogent ce principe protestant pour évaluer en particulier les soubassements religieux des débats actuels sur la modernité. Les trois derniers entretiens invitent les auteurs protestants Olivier Abel, Pierre Gisel et Pierre Bühler à se prononcer sur la modernité. Au final, une réflexion plurielle pleine d'enseignements sur un apparent désordre et une grâce toujours possible.

  • Cet ouvrage propose une approche de l'action en contexte professionnel qui ravive le sens de l'engagement au travail, à partir d'un management misant sur le libre consentement, plutôt que sur la simple obéissance.

    Cet ouvrage mobilise la philosophie - celle de Paul Ricoeur, en particulier - dans les registres de l'anthropologie, de l'éthique et de la réflexion politique, afin de revisiter les pratiques professionnelles dans le sens d'un management par le consentement. Ces propositions entrent en discussion avec les principales approches actuelles du management, amorçant un dialogue qu'elles appellent à poursuivre. Il en va de la possibilité de rétablir la confiance dans le contexte professionnel, condition du retour de la confiance dans la Cité.

  • Il existe dans le monde de la santé et des solidarités des établissements et des services exemplaires regroupés au sein de la Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne privés non lucratifs (FEHAP). Créée en 1936, la FEHAP célèbre son 80e anniversaire en nous livrant une histoire bien particulière : celle de ces établissements nés d'initiatives privées et souvent intimement liés à l'émergence des besoins sanitaires et sociaux des individus.

    L'auteur nous invite ainsi à comprendre les valeurs humanistes qui animent, depuis sa création cette organisation professionnelle et ses 4 200 établissements et services présents dans tous les secteurs du soin et de l'accompagnement : cliniques et hôpitaux, maternités, centres de soins et de réadaptation, établissements pour adultes et enfants en situation de handicap, crèches, maisons de retraites, services à la personne, etc. Il montre notamment comment ces établissements ont su prendre en compte l'expérience des patients et usagers pour en faire un véritable levier d'action et de développement.

    Un ouvrage fondamental sur un modèle original, entre public et privé, conciliant l'initiative privée et l'intérêt général, qui ouvre aujourd'hui une voie privilégiée pour répondre à certains des nouveaux défis économiques et sociaux de notre pays.
     

  • Auteur d'une oeuvre considérable, Paul Ricoeur reste méconnu en tant que penseur politique. Pour la première fois, cet ouvrage procède au remembrement des fragments dispersés d'un projet qui aura constitué sans aucun doute l'une des préoccupations constantes du philosophe. Il considère les enjeux du pouvoir dans une extension inédite : sa conquête et son exercice, le vivre-ensemble dans la Cité, mais aussi les conditions de l'agir du citoyen, gardien de la démocratie. Le parti pris de penser le politique dans les termes d'un « paradoxe » témoigne d'un refus méthodique du systématisme, qui fait le lit des totalitarismes. En associant deux thèses adverses également fondées, Ricoeur invite à les concilier, non par un savoir, mais dans la pratique. Récusant toute position de surplomb, il réplique au « mal politique » par l'espérance, l'ouverture au possible. Par rapport à l'économie et à la culture, il réaffirme l'autonomie du politique, qu'il articule à une « éthique démocratique », en sorte que le souhaitable oriente le possible. Ricoeur a le souci d'exposer la réflexion à l'événement pour mieux en saisir la portée à l'aune d'une anthropologie philosophique. Dans son sillage, l'auteur confronte cette pensée politique à la situation contemporaine, pour une mutuelle mise à l'épreuve d'où surgit une critique en creux de la raison néolibérale et une contribution potentielle aux débats du moment. Loin cependant de s'y cantonner, la proposition de Ricoeur invite à discerner dans la « dette sans faute », qui résulte pour chacun du fait d'être né, les ressources d'un agir poétique capable de surmonter le désenchantement des modernes. L'imagination, en inversant l'endettement en gratitude, peut raviver le sens du vivre-ensemble dans une « pratique de la fraternité ».

  • « Aie confiance », dit le serpent Kaa qui fait rire les enfants. Mais la confiance se trouve en ruine depuis la crise financière. À défaut de cet indispensable ciment, la société se délite gravement dans trois secteurs clés de la cohésion sociale : l'économie, le politique et l'identité nationale. « La confiance peut puiser à deux sources : notre propre expérience du passé et la confiance que d'autres nous témoignent, nous explique Pierre-Olivier Monteil. Pas plus qu'elle ne se décrète, la confiance ne se dicte, fût-ce par les plus subtiles des stratégies de la communication politique. Elle ne peut que résulter d'un climat, qui procède lui-même d'une manière d'agir. Ce n'est pas l'affaire d'une tactique, encore moins d'un grand soir, mais d'une méthode qui conduirait à passer l'une après l'autre les réformes envisagées au tamis des conditions de la confiance, qu'on se propose de spécifier ici. » Dans ce court essai, un philosophe interroge l'actualité de la confiance, et propose ses pistes pour repousser l'ambiance destructrice du désenchantement.

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