Pierre-Henri Bomberger

  • Les transformations des systèmes de production, de transport et de distribution de l'énergie vers des modes d'organisation et de fonctionnement plus durables sont l'une des grandes évolutions structurelles du début de ce siècle. Catalyseur de cette dynamique, la notion de «?transition énergétique?» suscite de nombreux débats sur la pluralité de ses acceptions et interpelle de plus en plus le monde de la recherche. En effet, changer plus ou moins progressivement de système énergétique demande des innovations technologiques, territoriales et sociétales permettant de mieux exploiter les énergies renouvelables, de mieux (et souvent de moins) consommer l'énergie et, surtout, de réduire les nuisances territoriales. Malgré les injonctions des instances internationales (agences onusiennes, ONG environnementales, Commission européenne, etc.) qui véhiculent des discours relativement convergents, force est de constater qu'une grande hétérogénéité de pratiques se déploie. Cette remarquable convergence des discours à l'échelle mondiale sur la nécessaire transition énergétique dissimule mal les controverses et les conflits nécessaires à sa mise en oeuvre locale.
    Le présent ouvrage aborde ces divergences et interroge les dynamiques de changement à l'oeuvre dans les pratiques de production énergétique en présentant des cas d'étude inscrits dans des contextes sociopolitiques, économiques, culturels et techniques variés et faisant état de processus de transitions énergétiques diversifiés (bourse des émissions de carbone, développement éolien, grands barrages ou encore stratégie énergétique régionale).

  • Développement durable, droits de l'homme, protection de la biodiversité, respect des différences, égalité des individus sont quelques-unes des grandes valeurs internationales qui se confrontent quotidiennement à la diversité des territoires. Ces connaissances globales sont en interaction constante avec les pratiques héritées et les savoirs locaux. L'hybridation des connaissances qui résulte de ces circulations entre les échelles globales et locales passe par des processus de traduction des savoirs qui se construisent autour d'objets intermédiaires. Si ces cartes, schémas, forums ne sont pas les finalités de l'action collective, ils apparaissent comme des médiations nécessaires à la "co-construction" de nouvelles pratiques entre les experts et les acteurs territoriaux. A travers huit exemples portant sur l'hybridation des savoirs culturels, professionnels et institutionnels, cet ouvrage questionne la relocalisation des savoirs experts en étudiant l'influence des normes internationales sur les construits locaux. La mise en pratique de ces dispositifs d'action publique résulte de la rencontre entre les expertises d'usage et interroge finalement l'efficience du modèle classique de diffusion verticale des politiques.

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