Nicolas Framont

  • La défi ance envers la classe politique monte et ses liens multiples avec les puissances de l'argent posent problème à nombre de citoyens. Pourtant, le débat public n'en parle guère: Les commentateurs s'attardent plus souvent sur le caractère et les ambitions de tel ou tel politicien, sur les petites rivalités qui l'opposent à d'autres plutôt que sur son appartenance de classe. La description des liens d'intérêts et de connivence entre élite politique et élite économique est quant à elle largement oubliée.
    Or, l'absence d'analyse des causes de la défi ance permet sa récupération opportuniste par nombre de politiques : tous accusent leurs adversaires d'incarner cette élite tant détestée, tandis que certains mettent à profi t ce discrédit pour justifi er un projet identitaire ou ultralibéral. En l'absence de description rigoureuse du phénomène, n'importe qui fi nit par pouvoir se dire « anti-système ».
    Pour redonner un sens à ces mots trop souvent dévoyés, ce livre fait état des liens d'intérêts et d'affi nités entre la classe politique - y compris les plus « anti-systèmes » de ses membres- et les puissances de l'argent. Il se base sur les travaux sociologiques et journalistiques qui ont mis au jour une réalité glaçante : la plupart des représentants du peuple sont dans un confl it d'intérêts permanent vis-à-vis de l'élite économique. Liens familiaux et d'amitié, « pantoufl age » et mode de vie similaire contribuent à faire de nos dirigeants politiques les représentants de la classe supérieure avant d'être ceux de l'ensemble de la société.
    L'auteur réalise une synthèse des nombreux faits qui attestent de l'existence de ce confl it d'intérêts pour forger des outils d'analyse du monde politique accessibles et critiques. Il donne également des pistes pour mettre fi n à cette monopolisation de la chose publique - La République - par une oligarchie.

  • Parlez-vous le bourgeois ? Payer des « charges patronales » plutôt que des cotisations sociales, embaucher un « collaborateur » et non un salarié, engager une « réforme » pour mettre en place une politique néolibérale... Ces mots que nous entendons tous les jours ne sont pas neutres, ce sont ceux de la bourgeoisie. Non contente de nous dominer et de nous exploiter, elle nous impose son langage et forge notre représentation de la réalité. Dans cet essai, Selim Derkaoui et Nicolas Framont déboulonnent les termes et expressions qu'utilisent quotidiennement hommes et femmes politiques, DRH et journalistes mainstream pour brouiller les frontières de classe et légitimer un ordre social au service de la bourgeoisie. Conçu comme un manuel de contre-propagande, ce livre contribue ainsi à renouveler un vocabulaire : celui de la lutte de classes.

  • L'abstention électorale augmente inéluctablement en France depuis trente ans.
    Or, les réponses apportées sont souvent insuffi santes et moralement discutables.
    Le vote obligatoire serait ainsi devenu la seule solution possible.
    Pourquoi veut-on aller aussi loin dans la répression de cette attitude politique ?
    Car le non-vote est perçu par la classe politique et une partie de l'élite médiatique comme la manifestation d'une indiff érence vis-à-vis du politique et non comme une désapprobation réfl échie de la forme qu'a prise la politique depuis plusieurs décennies.
    Cet ouvrage prend le contre-pied de cette conception dominante de la non-participation électorale et affi rme que l'abstention n'est pas la maladie des électeurs mais une pathologie de nos institutions.
    « Si les citoyens doutent de notre probité, pourquoi ne vont-ils pas voir ailleurs ? », peuvent répondre les partisans des partis de gouvernement. Si l'on considère le peu de place dont disposent les partis « antisystèmes » ou aux politiques alternatives, l'abstention peut sembler être le choix le plus raisonnable.
    Cette place leur est perpétuellement confi squée par un système politique fermé et cloisonné qui ne laisse aucune chance aux idées nouvelles.
    Plutôt que de culpabiliser les citoyens, cet ouvrage accorde du crédit aux préjugés populaires concernant les dérives de la classe politique et lance une critique de fond de l'incapacité de nos institutions et de nos élus à agir pour l'intérêt général, mais propose aussi quelques mesures pour sortir de cette impasse où nos représentants ne sont plus qu'élus par une minorité aisée de la population, ce qui nous mène tout droit vers une crise politique sans précédent.

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