Maschino M T.

  • Je vis dans une société où l'air, ces derniers temps, est singulièrement vicié. Non seulement parce que la xénophobie et le racisme s'y étalent sans vergogne. Mais encore parce que bon nombre d'intellectuels, sages ou pas, se prêtent à une entreprise d'intoxication générale. En méditant gravement - à l'heure où s'ébauche une société-monde ! - sur des baudruches idéologiques : identité nationale, spécificité française...russe par ma mère et ma première éducation, français par l'école, algérien par mon engagement politique et mon mariage, je ne pouvais que me sentir concerné par ce discours. Mais je n'ai pas pour autant écrit un pamphlet : si je cite les niaiseries cocardières de quelques personnalités politiques - de tous bords -, je laisse surtout la parole, et la première place, à tous ceux qui viennent d'ailleurs - de Pologne, du Maghreb, d'Amérique latine -, à tous ces étrangers qui sont le sel, et la chance, de l'hexagone. M.T.M.

  • Maurice T. Maschino a vécu dix ans en Algérie. Il a milité pour son indépendance, acquis sa nationalité, épousé une Algérienne, puis finalement est revenu en France, toutes illusions perdues. Mais trente ans après, loeattachement aux lieux quoeil avait aimés, à sa famille doeadoption et à ses anciens élèves (devenus journalistes, médecins, avocats et même ministres) lui a donné envie doey retourner. Besoin de comprendre, besoin de sentir un pays à la fois connu et inconnu, pour lui faire toute sa place dans sa mémoire, pour le donner en partage.


    Il y revient donc tout récemment, parcourt le pays de long en large, y multiplie rencontres et entretiens, recueille de nombreux témoignages, et, par leur biais, introduit le lecteur dans la vie quotidienne des Algériens, dont il aborde les principaux aspects : vie matérielle (très dure), santé publique (défaillante), enseignement (à deux vitesses), vie culturelle (inexistante), presse (au rabais), rapports hommes/femmes (de domination), dépolitisation (générale), du citoyen de base aux dirigeants, ces derniers noeayant doeautre objectif que de rester au pouvoiroe ou doey revenir.


    Malgré cette situation alarmante, loeauteur ne repart pas en claquant la porte : si loeAlgérie se porte mal, des hommes et des femmes soeemploient à construire loeavenir de ce pays, là où ils peuvent, comme ils peuvent.

empty