Luc Fraisse

  • Après la Seconde Guerre mondiale, Sartre déclarait péremptoirement que nous étions «enfin débarrassés de Proust». Il revendiquait, en effet, pour lui-même la dignité de Premier Écrivain du Siècle, mais il savait bien que la place était déjà prise définitivement par Proust.
    Nul ne conteste aujourd'hui cette évidence. Bernard de Fallois fut au début des années 50 l'un des premiers à la proclamer. Le présent recueil livre la quintessence de ses lectures et de ses recherches.
    À l'intention de ceux qui partent à la découverte du plus grand monument littéraire du XXe siècle mais aussi de ceux qui l'ont déjà maintes fois visité, il résume, il éclaire, il condense en formules limpides et saisissantes les grands thèmes de l'oeuvre en sept conférences magistrales: comment Prout a-t-il composé son livre, qu'est-ce qu'un «personnage proustien», quelle est la part du génie comique dans son oeuvre, celle de l'amour, de la réflexion métaphysique et de l'art? Quelle est la place par rapport à ses plus illustres devanciers, Balzac ou Chateaubriand? Pour clore cet ensemble une longue étude intitulée Lecteurs de Proust retrace la postérité de l'écrivain dans les premières décennies du XXe siècle.
    Proust comparait son livre à une cathédrale. C'est dire qu'il faut commencer par prendre du recul pour en comprendre la beauté, pour en apprécier chaque détail, chaque figure, chaque personnage.
    Après l'Introduction à la Recherche du temps perdu, Bernard de Fallois s'impose comme l'un des guides les plus accessibles, les plus clairs et les plus sûrs.

  • Le lien entre histoire et littérature développée en six temps :

    Ouvertures
    Histoire et histoire littéraire
    Perspective 1
    Qu'est-ce que l'histoire littéraire ?
    Perspective 2
    L'histoire littéraire comme discipline enseignée
    Perspective 3
    Alcools d'Apollinaire : la poésie éclairée par l'histoire
    Perspective 4
    L'histoire littéraire dans le tissu du texte
    Bilans

    + une mise en lumière du recueil majeur d'Apollinaire
    + de nombreux extraits relus au prisme de l'histoire littéraire
    + des extraits des textes officiels de l'Éducation nationale.

    Recommandé pour les classes de lycée.

  • À travers un échantillonnage, d'Homère à ses contemporains, et dans l'entre-deux les Classiques, La Rochefoucauld, Buffon, Edgar Poe, Barbey d'Aurevilly, Nerval, Vigny, Baudelaire, Sully Prudhomme, Romain Rolland, Anna de Noailles, Ramon Fernandez, André Gide, - c'est le rapport de Proust à ses lectures inspiratrices qui est envisagé. Sources et non intertextes: car ce psychisme créateur ne peut faire autrement que de se choisir dans ces lectures des formes - d'y écouter déjà la petite musique de son style.


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  • L'histoire littéraire produit des fruits visibles dans l'enseignement : c'est elle qui répartit les auteurs par siècles dans les manuels, elle qui permet de présenter un mouvement littéraire dans les classes.
    En amont de ces résultats doit s'accomplir un travail de fond, visant à établir des connaissances. Comment l'historien établit-il ces connaissances, quels sont ses principes, et donc aussi ses préjugés ? La prise en compte de l'environnement historique ne nous fait-elle pas perdre de vue l'essence du texte, la spécificité du phénomène littéraire ? On était près de le penser au moment où les sciences humaines ont introduit leur apport dans la recherche et l'enseignement littéraires.
    Une démarche de l'esprit doit aujourd'hui pouvoir proposer sa théorie ; or, l'histoire littéraire mène surtout des enquêtes de terrain. Oui, mais si l'on débarrasse l'étude des oeuvres de toute pesanteur historique, on aboutit rapidement à la perte des connaissances, aux approches purement techniques. Pour éviter ces risques, la plus récente réforme de l'enseignement secondaire réintroduit l'histoire littéraire et culturelle comme première perspective à prendre en compte devant les textes.
    À ce stade, l'histoire littéraire est-elle capable d'une réflexion théorique ? Est-elle à même de clarifier ses pratiques ? Supporte-t-elle le regard critique des écrivains et des penseurs depuis un siècle ? Pour apporter à ces questions les réponses les plus actualisées, il convenait d'ouvrir un débat international, dont les résultats sont livrés dans le présent volume : une soixantaine de chercheurs, venus de onze pays, souvent directeurs de revues ou de collections, se sont rassemblés durant une semaine pour élaborer les principes d'une histoire littéraire moderne.
    Les buts à long terme ? Nous prémunir contre l'oubli du passé, nous constituer une culture commune et acquérir une vision d'ensemble remédiant à l'éclatement des savoirs.

  • Que voulait dire Marcel Proust quand il affirme avoir construit son oeuvre comme une cathédrale? En parcourant toutes les allusions architecturales apparaissant dans À la recherche du temps perdu, l'enquête prend la forme d'un dictionnaire pour accomplir un voyage archéologique à travers l'oeuvre.

  • Nouvelle présentationLe 14 novembre 1913 paraît Du côté de chez Swann de Marcel Proust, le premier tome d'À la recherche du temps perdu qui concourt à fonder l'esthétique du XXesiècle.La création de l'univers de Swann invite Proust à transfigurer et à approfondir les grandes questions de sa vie. Comment l'adulte revit-il son roman familial ? La maladie est-elle nécessaire à la création ? Comment déguiser et universaliser son expérience amoureuse ?Mais à travers ces questions l'écrivain révolutionne l'art du roman. Le narrateur, qui pourtant dit : je, n'est pas l'auteur.Livré aux interprétations multiples, le roman s'enrichit de son système même. L'histoire d'une vocation d'écrivain ou la recherche du temps perdu, quel sujet l'emporte en fin de compte ? Quel rôle joue exactement Swann par rapport au narrateur ? Les réponses sont à chercher dans les symboles et la construction d'une oeuvre conçue comme une cathédrale.Luc Fraisse, professeur en classes préparatoires littéraires, est un spécialiste de l'oeuvre de Marcel Proust, à laquelle il a consacré sa thèse de doctorat ainsi que de nombreuses publications.Un livre évènement. Marcel Proust déconcerté. Les premiers lecteurs. Naissance d'un art poétique. L'oeuvre et l'auteur. L'écho lointain d'une vie. Le roman dans l'oeuvre. La recherche et la gloire. Les grands moments. Combray. Un amour de Swann. Nom de pays : Le Nom. Proust juge son oeuvre. Enjeux et échos. L'histoire d'une vocation. Les enjeux de l'intrigue. La technique du roman.

  • Pourquoi un grand seigneur polonais, Jean Potocki (1761-1815) a-t-il écrit, en langue française, à côté de récits de voyages, d'écrits politiques et d'ouvrages historiques, un unique roman, Manuscrit trouvé à Saragosse ? Ce roman, commencé avant 1794 et terminé quand il se donne la mort en 1815, aura été son compagnon de vie ; mis en chantier trois fois selon des formules partiellement autonomes, non publié de son vivant, il se présente à nous comme une pelote de récits aux contours et à l'organisation mouvants.
    Un récent afflux de documents renouvelle aujourd'hui la face de cette question. Potocki n'a presque jamais rien dit de son roman, mais celui-ci se nourrit de biais de tous ses autres écrits ; surtout, ses remaniements à présent possibles à connaître révèlent en actes la conception de cet étrange romancier, qui à travers une multitude de situations et de personnages se parle à lui-même sa création.
    Cet imaginaire de la création est le sujet de la présente enquête, qui se double d'un essai sur le roman.

  • " Approche sérielle " : sous ce titre, Sylvain Menant fondait en 1994, dans un séminaire à la Sorbonne, un concept prometteur dont le présent volume est la résultante et rend ainsi hommage à son inventeur, qui le définit ainsi : " L'enchaînement d'oeuvres écrites et publiées à la suite (que je proposai de nommer "série"), dont chacune ne pouvait être complètement comprise ou appréciée que par des lecteurs qui connaissaient les oeuvres antérieures.
    Cette solidarité historique m'avait frappé déjà dans la production poétique et dramatique du XVIIIe siècle que j'avais étudiée, où les auteurs rivalisent volontiers sur le même sujet (par exemple la mise en vers français des psaumes les plus connus, ou la présentation aux mêmes audiences de tragédies au titre similaire), prenant le public comme juge. [...] Étudier les liens qui unissaient ces séries, c'était aborder et éclairer des aspects divers de la création (avec sa composante d'émulation, une notion importante largement théorisée à l'époque, [...]), mais aussi de la réception, de la librairie et du commerce des livres.
    Nos travaux se trouvent donc à la croisée des disciplines et des méthodes les plus fécondes des temps actuels. " Une soixantaine de spécialistes du monde entier se sont réunis ici pour explorer toutes les possibilités de ce riche concept, à travers toutes les époques de la littérature française, en des enquêtes souvent presque policières.

  • Quand Marcel Proust et Reynaldo Hahn se rencontrent, en 1894-1895, le premier est en train de composer Les Plaisirs et les Jours, le second d'orchestrer L'Île du rêve. Les deux artistes ne cesseront dès lors de cheminer en connivence dans leurs parcours.

  • Un jour de juillet, Valentine perd l'équilibre et dévale un escalier. Gravement blessée, incapable de bouger, elle appelle à l'aide. Mais les gens, ce jour-là, sont pressés... Six mois plus tard, alors qu'elle y aspirait depuis plus de quinze ans déjà, Valentine rend enfin son dernier soupir. Une disparition dont son fils, un auteur à succès du théâtre de boulevard, refuse bientôt la permanence... À quelques années de là, il exorcise son "mal de mère" dans l'écriture. Gérard Glatt le traite avec tendresse et humour.

  • Les rapports entre tradition et modernité sont au coeur du mystère de la création : l'acte créateur en effet prend fond sur des héritages, mais pour proposer toujours leur transformation imprévisible.
    C'est ce que montre la double étymologie latine du mot auteur: l'auctor, c'est-à-dire le garant des valeurs du passé mais aussi celui qui a par privilège la capacité d'augere, d'augmenter le monde. Comme le présent des métaphysiciens, la création est transformation du passé en avenir. C'est sous ce jour qu'un groupe d'universitaires strasbourgeois, auquel se sont adjoints un certain nombre de spécialistes enseignant dans d'autres établissements français ou à l'étranger, aborde la question, en observant ce moment spécifique où un écrivain rassemble l'état passé et présent d'un genre, d'une forme d'écriture, d'un thème, d'où il fait émerger sa formule personnelle.
    Il faut pour ce faire inviter les siècles littéraires et les générations d'écrivains a dialoguer: l'Antiquité bien évidemment avec les temps modernes, mais aussi le romantisme avec le Moyen Age, la pensée française avec la culture italienne, la succession des siècles composant la littérature française, ou encore Beckett avec Proust, Claude Simon avec Balzac - dialogues où trouvent à s'allier respect et contestation.
    Certaines formes, comme le blason, certaines pratiques, telle la recherche de l'anachronisme, semblent avouer à même les oeuvres cette nécessité de recueillir pour advenir.

  • Allègre

    Jean-Luc Fraisse

    • Roure
    • 21 Mars 2009

    Ce livre n'est pas un livre d'Histoire ; c'est un livre d'histoires.
    Dans des articles écrits au fil du temps et au gré de sa curiosité du moment, Jean-Luc Fraisse aborde les sujets les plus divers, mais qui ont un point commun : leur relation au village d'Allègre.
    Il le fait en analysant et en expliquant ce qui constitue le cadre de vie quotidien de ses habitants. Et le lecteur s'apercevra que, parce qu'il est dans une réalité humaine, sa vie quotidienne n'est pas aussi banale qu'il pourrait le croire. Il côtoiera parfois l'histoire du XXe siècle avec ses personnalités ou ses événements les plus marquants, mais aussi des personnages et des faits de sa propre vie qui méritent peut-être autant, sinon plus, l'attention.
    Grâce à une culture éclectique, l'auteur s'intéresse à des sujets aussi divers qu'une course cycliste ou la vie d'un médecin de campagne, une ligne de chemin de fer ou un enfant juif caché pendant la Guerre, la pratique des sobriquets ou la vie d'un érudit local.
    Ce livre nous en dit plus sur Allègre, dont il nous fait découvrir des aspects méconnus.
    Jean-Luc Fraisse, 61 ans, diplômé des facultés de droit et de Sciences-po, fut directeur d'écoles d'architecture pendant 20 ans ; il enseigne aujourd'hui le droit public à l'université de Saint-Etienne.
    Il fut maire d'Allègre de 1995 à 2001 et a été réélu en 2008

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