Joseph Gicquel

  • Michel et Joseph Gicquel sont jumeaux. Fils de paysans, ils ont vécu leur enfance et leur adolescence dans une ferme de dix hectares dans deux communes rurales du Morbihan. Bien que mobilisés à la terre et aux travaux domestiques dès l'école terminée, ils ont eu la chance d'accéder au savoir et aux études qui leur ont permis de mieux appréhender ce monde. Quarante ans plus tard, ils en apportent la réalité telle qu'ils l'ont vécue, pas sous forme d'un chapelet d'anecdotes mais d'un subtil ressenti affectif et psychologique de situations qui ont marqué au fer rouge leur existence.

  • 1960-1970, la décennie de toutes les révolutions. L'Eglise a fait la sienne entre 1962 et 1965 avec le concile Vatican II. En 1964, Joseph et Michel entrent au petit séminaire. Ils y passeront respectivement sept et cinq ans. Cette tranche de vie va les marquer à jamais. Ils racontent ces années. Un séminaire, à cette époque, était un établissement scolaire, au même titre que les collèges et lycées publics et privés. Mais les élèves qu'il accueillait avaient un projet bien particulier : celui de devenir prêtre. Les cours achevés, le temps était consacré à la prière, à la réflexion, à la germination des "graines de curés" sous la vigilance des pères, représentants de l'évêché et donc de l'Eglise elle-même. Comment relater la vie du séminaire au quotidien et les ambitions, les volontés de l'Eglise ? Les deux auteurs ont imaginé une correspondance. Michel, de 11 à 17 ans, est au coeur du petit séminaire. Il raconte ses joies, ses surprises, ses doutes, le respect des règles et de l'autorité, l'apprentissage de la foi et de la vocation, le plaisir d'apprendre, les émois charnels, l'éveil des sentiments, la transgression, parfois. Joseph, 19 ans, endosse les habits du grand frère qui rejoint la vie civile après huit années de séminaire. Il décrypte les règles de l'institution, explique les préceptes et les prescriptions de l'Eglise pour conduire les petits pensionnaires vers le sacerdoce. Il conseille, éclaire, rassure, dénonce aussi. L'échange offre plusieurs lectures. Sans véhémence mais sans complaisance, il permet aux anciens séminaristes de raviver cette mémoire souvent enfouie, parfois refoulée, rejetée. Il offre à tous les contemporains de cette époque de revisiter la religion qu'ils ont connue, de se remettre en mémoire les mutations radicales de l'Eglise qui fondent toujours le catholicisme d'aujourd'hui.

  • Deux enfants, fils de paysans, nés dans les années cinquante, au coeur du Morbihan, dans un monde en plein bouleversement. Pas toujours facile à vivre quand on est rivé à la terre, quand on envie en secret le confort des camarades citadins, quand on rêve des filles de la ville. Dur quand on voudrait dire tant de choses à son père qui ne dit rien, qu'on souhaiterait tant se confier à sa mère qui n'est plus là. Quarante ans plus tard, Michel et Joseph Gicquel se souviennent. Ils racontent la fierté des racines et la honte des origines. Plus d'un lecteur se reconnaîtra dans leurs itinéraires. Plus d'un revivra la même obstination à tenter de vaincre les frustrations, sociales, affectives, sensuelles, à rompre les tabous. Joseph et Michel révèlent les sentiments et les émotions que nombre de leurs contemporains n'ont jamais su ou pu exprimer.

empty