Langue française

  • Dans le contexte du travail en milieu de santé, les soignants souffrent de culpabilité face à l'impossibilité d'atteindre l'idéal thérapeutique qui concerne l'ensemble des actions et pratiques destinées à guérir, à traiter et à soulager. Devant une telle impuissance, il peut arriver que le soignant démissionne et que la maladie s'installe. Le soignant ne pouvant plus soigner, il doit alors changer de rôle et devenir à son tour un soigné.

    Tout soignant qui ne veut pas se désengager (démissionner) ou se laisser envahir par cette souffrance jusqu'à l'épuisement professionnel fait alors face à une question fondamentale : « Comment sortir de cette souffrance ? » Deux voies complémentaires entrent alors en tension : réprimer sa souffrance en la vouant au silence et exprimer sa souffrance en la partageant par le dialogue avec d'autres soignants pour construire un nouveau cadre éthique (le sens du prendre soin).

    Dans cette perspective, l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), en collaboration avec le CRB du Saguenay-Lac-St-Jean, a organisé en octobre 2008 un colloque sur cette problématique, La souffrance des soignants : exprimer ou réprimer ? Reflet des présentations lors de ce colloque, cet ouvrage apporte un nouvel éclairage sur une réalité profondément vécue par les soignants (médecins, infirmiers, travailleurs sociaux, etc.) dans le milieu de la santé et des services sociaux.

  • Les récentes percées en biotechnologie ont soulevé plusieurs questions en éthique : transgénèse des animaux et des plantes, thérapie génique, clonage, création de cellules souches, création des chimères humain-animal, etc.
    On peut imaginer que, dans un avenir rapproché, on tente des modifications plus ambitieuses. Un homme doté de l'odorat du chien, d'une protection contre les radiations semblable à celle des bactéries, de la capacité d'hiberner comme l'ours. En supposant que les obstacles techniques soient un jour surmontés, l'homme disposerait alors de la maîtrise de son évolution et n'aurait de limite à son imagination que les garde-fous législatifs qu'il pourrait lui opposer.
    Il pourrait manipuler un embryon humain pour faire naître quelqu'un de beaucoup plus puissant. Ainsi, le futur sera-t-il peuplé de super-humains génétiquement modifiés ? L'Homme biotech est-il l'avenir de l'homme ? Il soulève dans l'esprit de certaines personnes un dilemme humain ou posthumain ? Pour d'autres, l'enjeu éthique se formule ainsi : peut-on transformer cet humain (ouverture post-humaniste) tout en sauvegardant la dignité humaine ? C'est pour susciter la réflexion sur la problématique éthique internationale " L'Homme biotech : humain ou posthumain ? " qu'un colloque interdisciplinaire et interuniversitaire s'est tenu lors du 73e congrès annuel de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS), à l'Université du Québec à Chicoutimi en 2005.
    Le recueil reprend les textes rédigés à la suite des exposés et échanges par les conférenciers.

  • Un patient atteint d'une maladie incurable terminale demande à mourir dans la dignité. Comment le médecin clinicien, le personnel soignant, les proches et la société, pourraient-ils bien interpréter cette demande

  • Des produits utilisant des nanoparticules existent déjà sur le marché et plusieurs d'entre nous les utilisent. Alors que certains producteurs se vantent que leurs produits sont «?nano?» même s'ils n'ont parfois rien de tel, d'autres en produisent sans mentionner le terme. Nous nous retrouvons, en tant que consommateurs, devant ces ­produits nanotechnologiques, tout comme nous nous sommes ­retrouvés devant des produits transgéniques. Cela tient au fait que l'écart entre les découvertes scientifiques et leurs applications c­oncrètes se rétrécit de plus en plus en mettant les consommateurs que nous sommes devant le fait accompli. Certaines personnes pourchassent ces innovations, comme toutes les innovations technologiques?; d'autres militent pour fabriquer, sans critique, tous les produits que les nouveaux savoirs peuvent offrir?; mais une grande majorité de personnes s'interrogent sur le développement des nanotechnologies. Entre le «?oui?» ou le «?non?» inconditionnel au développement ­technologique, ces ­personnes attendent des scientifiques, des institutions de recherche, des ­producteurs, des consommateurs et de l'État une démarche visant un ­développement responsable des nano­technologies.

  • L'accompagnement en fin de vie bouleverse toutes les habitudes du travail des soignants.
    L'impuissance ressentie face à la mort les désarme. Et, si chaque soignant en soins palliatifs peut adopter la fonction d'accompagnateur comme solution, il est parfois " agressé " et pris au piège de sa fonction. Il éprouve une perte du sens de sa fonction de soignant face à la souffrance du soigné qui refuse la démarche palliative d'accompagnement et demande l'aide médicale à mourir.
    Comment résoudre le problème de la souffrance du soignant ?
    Cet ouvrage propose de r elever les défis d'une démarche d'appui aux soignants en t rois temps:
    1. Approfondir la notion de souffrance des soignants (ses causes et ses effets destructeurs) afin de bien s aisir en quoi cette souffrance est un problème à résoudre;
    2. Approfondir la notion de dialogue comme moyen d'apprentissage collectif pour aider à résoudre ce problème de la souffrance des soignants, en construisant le sens du pr endre soin;
    3. Comprendre pourquoi il est difficile de dialoguer sur la souffrance des soignants pour construire ensemble le sens du prendre soin.

  • Cet ouvrage collectif propose par ses contributions d'approfondir d'une manière inédite les enjeux les plus intéressants pour pénétrer plus avant le sujet du droit et de l'éthique de la transformation de la personne humaine par l'intelligence artificielle (avec le développement d'algorithmes performants comme systèmes d'aide à la décision dans différents secteurs), la robotique (robots d'assistance médicale) et les implants (implants de mémoire, puces, nanorobots). Partant d'un questionnement sur la personne (Qu'est-ce qu'une personne ? Définir la personne transformée : pourquoi et comment ? Le robot peut-il favoriser le développement de la personne?), l'ouvrage établit un diagnostic de crise en déterminant le problème crucial d'adaptation de l'éthique humaniste et du droit à la responsabilité à la situation présente de la transformation de la personne et propose les manières dont le droit et l'éthique peuvent effectivement se redéfinir en réponse aux changements engendrés par les répercussions de ce développement technologique.

  • Même si les robots humanoïdes actuels ne sont pas encore vraiment au point (intelligence artificielle, motricité) et sont très loin des robots moraux au cerveau positronique imaginés par Asimov, il n'en reste pas moins que ses ouvrages sont une démonstration de la complexité des problèmes moraux qui surviennent dans le processus d'analyse d'impact et d'acceptabilité des robots. C'est en situant les lois morales de la robotique en regard des valeurs que nous voulons atteindre dans nos vies individuelles et collectives que la pensée d'Asimov rejoint tout le courant de l'éthique appliquée qui s'est développé depuis plus de cinquante ans.

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