Jean-Pierre Andrevon

  • Qu'y a-t-il de commun entre Mary Shelley, Edgar Allan Poe, J.G. Ballard et Mikhaïl Boulgakov ? Ou entre Georges Méliès, Friedrich Wilhelm Murnau, Stanley Kubrick et Michael Haneke ? Ils ont prévu, représenté, décrit dans ses moindres détails, avec une verve éblouissante, la fin du monde. Jusqu'à en faire un spectacle inoubliable : une oeuvre destinée à passer à la postérité, et à façonner nos imaginaires.
    À l'heure du Covid-19 et d'Ébola, des explosions chimiques, des bouleversements écologiques, du souvenir lancinant de Fukushima et de Tchernobyl, quelle hantise pourrait nous être plus familière ?
    Pour la première fois, une encyclopédie répertorie, avec une érudition pointilleuse et une jubilation assumée, toutes les pluies de météorites, les séismes, les éruptions volcaniques, les tsunamis et les pandémies qui ont irrigué le champ du cinéma, comme ceux de la littérature ou de la bande dessinée, depuis le XIXe siècle. De Hector Servadac à Vongozero en passant par Akira ou Le Mur invisible, du Pic de Dante à Mad Max sans oublier La Route ou Le Jour d'après, c'est une farandole vertigineuse qui se déroule devant nous, à la fois horrifique et fascinante.
    La fin du monde est bien un genre à part entière, auquel cette somme rend enfin justice.

  • Dictatures totalitaires, règne des écrans, apocalypses nucléaires, rébellion des machines, catastrophes climatiques, famines poussant à l'anthropophagie, abrutissement des masses par le consumérisme ou par le jeu, eugénisme, clonage... Depuis plus de cent ans, la dystopie s'est montrée d'une inventivité fascinante dans l'imagination de futurs malheureux. Grimaçante antinomie de l'utopie, le genre a obtenu ses lettres de noblesse avec des classiques reconnus comme Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley ou Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, avant de conquérir l'espace littéraire, cinématographique et télévisuel. Car nul mieux que lui n'a su dévoiler et exacerber les angoisses de notre présent face aux bouleversements de la modernité. Tous les dilemmes que pose l'intelligence artificielle n'ont-ils pas déjà été anticipés par Philip K. Dick et Blade Runner (Ridley Scott) ? Ceux soulevés par la vidéosurveillance et le fichage des citoyens par 1984 de George Orwell et Black Mirror ? Quant à la série des Mad Max de George Miller, n'annonce-t-elle pas les risques que fait courir à notre société une pénurie des énergies fossiles ?
    Cette anthologie sans équivalent s'attache à couvrir toutes les facettes de ce genre protéiforme et omniprésent. Sous la plume alerte de l'écrivain de science-fiction qu'est Jean-Pierre Andrevon, ce sont des centaines de futurs potentiels qui se révèlent, au travers d'oeuvres incontournables ou méconnues. Autant de récits qui interrogent les frontières morales et politiques de l'humanité et son rapport aux limites environnementales de notre planète

  • Enfant sauvage, homme-singe, seigneur de la jungle... Né en 1912 dans l'esprit du feuilletoniste américain Edgar Rice Burroughs, le personnage de Tarzan n'a jamais vraiment quitté notre imaginaire collectif. Sous les traits de Johnny Weissmuller, Christophe Lambert ou plus récemment Alexander Skarsgård, sur grand ou petit écran, de Hollywood à Bollywood, en muet ou en parlant, en couleur ou en noir et blanc, sur des planches de bandes dessinées ou dans des jeux vidéo, ce héros mi Robinson Crusoë mi Mowgli semble décidé à ne jamais vieillir.
    Jean-Pierre Andrevon, avec le concours de ses complices du magazine L'Écran fantastique, nous livre ici une somme indispensable qui n'oublie rien sur l'univers de ce personnage continuellement revisité, devenu un véritable mythe.

  • L'histoire de Rome enflamme l'imagination depuis des siècles.
    Simples légionnaires ou personnages très connus, sages comme l'empereur Constantin, fous comme Néron, révoltés à l'image de Spartacus ou conquérants comme Jules César, ennemis impitoyables tel Hannibal et grands généraux comme Scipion l'Africain, tous sont les héros de cette puissante civilisation qui s'est étendue sur mille ans.

  • En 1979, Jean-Pierre Andrevon imagine un coin de France, le jour d'Après.

    « Je m'excuse, Monsieur. Je ne peux vraiment rien vous dire. C'est le secret militaire. Croyez bien que seules des raisons de sécurité sont en cause. Il ne faut en aucun cas vous affoler. Nous avons la situation bien en main. Tout danger est écarté dans l'immédiat. Maintenant je dois vous demander instamment de monter dans le camion. Nous ne pouvons pas perdre davantage de temps. » On ne sait ni où, ni comment, ni pourquoi, mais c'est arrivé. Ces quelques individus épars se sont trouvés dans le brouillard lourd et épais, et se serrent les coudes en attendant d'en savoir plus. Plus sur ce qui s'est passé. Plus sur la réalité des radiations qui les entourent. Plus sur l'avenir du pays. Du monde. Et encore plus sur leur chance de survie. Au bout de leur errance dans la campagne française, certaines réponses ne vont pas tarder à surgir.

    Paru pour la première fois en 1979, l'année de l'accident de la centrale de Three Mile Island, « Les retombées », nouvelle d'anticipation inquiétante et sombre, offre un scénario possible de la catastrophe nucléaire et de la gestion d'urgence mise en oeuvre par les autorités. L'objectif : effacer toute trace de l'accident, faire comme si ce qui n'aurait jamais dû se produire n'avait jamais eu lieu.

    Dans son Livre d'or, en 1983, Jean-Pierre Andrevon confiait :« Des lecteurs m'ont parfois reproché de ne pas expliciter ce qui est vraiment arrivé, ni ce qui va arriver au personnage principal : ce n'est pas là une lâcheté ni une impuissance thématique ; je crois au contraire qu'en cas de catastrophe grave, on ne sait jamais ce qui vous arrive, on est des jouets impuissants de forces qui restent invisibles (cf. les juifs qui ne comprenaient toujours pas en entrant dans les chambres à gaz.) ».

  • L'horreur, c'est simple comme une araignée. Une araignée irradiée parce qu'elle a eu le malheur de tisser sa toile à côté d'une centrale nucléaire, par exemple. Et qui vous pique. Vous vous sentez mal ? C'est normal. Un venin s'est introduit en vous. Un venin nouveau, inconnu. Sans même que vous vous en rendiez compte, vous avez commencé à vous transformer, inéluctablement. Votre corps mute, vous devenez autre. C'est douloureux, n'est-ce pas ? Mais, réjouissez-vous, vous allez bientôt faire partie d'une entité plus grande. Une entité monstrueuse, répugnante, inhumaine. Et qui va dévorer le monde. Roman d'horreur, cri d'alarme écologique ? Si vous voulez ! Andrevon écrit la chair et ses tourments, à hauteur d'homme. Pour le meilleur, oui, sans doute. Mais ce qu'il préfère en nous, soyez en sûr, c'est le pire !

  • Centrum, futur proche. La maladie a été éradiquée par la science. Pour maintenir un certain niveau de vie et éviter la surpopulation, des tueurs mandatés par l'État doivent éliminer 400 000 personnes chaque année. Riche, pauvre, homme, femme, personne n'y échappe. Mais les victimes sont-elles vraiment désignées au hasard ? C'est lorsque le Furet commence à en douter que les ennuis lui tombent dessus... Aura-t-il la force de se rebeller ?
    Livre culte, naviguant entre polar et dystopie, Le Travail du Furet est un roman coup-depoing, sans concession sur les dérives de nos sociétés.

  • À Marseille, Roland Cacciari, militaire démobilisé après l'échec d'une piteuse croisade occidentale au Moyen-Orient, tente de survivre en jouant du guitarion à la terrasse des rapid-food. Il se fait remarquer par Éric Legueldre, richissime industriel proche de l'ultradroite qui lui propose de travailler comme veilleur de nuit au sein de son entreprise spécialisée dans les nouvelles technologies. Roland vient, sans le savoir, de mettre le doigt dans un engrenage qui pourrait bien lui être fatal. Car son employeur a organisé un ignoble trafic d'êtres humains, concernant au premier chef les Maghrébins composant désormais 50% de la population marseillaise.
    Sukran est une fable de science-fiction qui prend des allures de thriller. Écrit il y a vingt ans, ce magnifique roman, qui a obtenu le Grand Prix de la Science-Fiction française, reste d'une brûlante actualité.

  • Des milliers de flèches s'élançant vers le ciel, des glaives qui s'entrechoquent, le galop sourd d'une charge de cavalerie, le chaos des tranchées, des mitraillettes qui crépitent, des têtes qui volent, des tripes qui se répandent, la terreur, l'angoisse, l'exaltation, l'espoir... La guerre est, aussi, un formidable spectacle. Et D'Autant en emporte le vent à Jeanne d'Arc, de Spartacus à Il faut sauver le soldat Ryan, de Lawrence d'Arabie au Falstaff d'Orson Welles, on ne compte plus les chefs-d'oeuvre qu'elle a offerts au cinéma.
    En débutant par la guerre de Troie pour finir par les guerres contemporaines, Jean-Pierre Andrevon retrace, en un vertigineux panorama, les incarnations, les formes et les métamorphoses d'un genre cinématographique inépuisable.

  • Important écrivain de science-fiction - Gandahar, entre autres, est tiré de l'un de ses romans - et critique de cinéma, Jean-Pierre Andrevon a réuni une équipe réduite pour livrer un monumental dictionnaire illustré sur le cinéma de genre - sans prétendre, bien sûr, couvrir la totalité de la production mondiale. De À des millions de kilomètres de la terre jusqu'à Zu, les guerriers de la montagne magique, de l'adaptation aux zombies en tous genres, d'Abbott et Costello à Fay Wray, de J.J. Abrams à George Zucco, près de cinq mille entrées répertorient les films de genre (plus de dix-sept mille titres évoqués), les thèmes, figures, motifs et grands noms attachés à l'imaginaire projeté à l'écran sous ses formes les plus diverses.

  • La cachette

    Jean-Pierre Andrevon

    • H&o
    • 5 Juillet 2019

    Un braquage qui tourne mal.
    Un homme qui s'enfuit au hasard des rues dans le hurlement des sirènes de police.
    Une fenêtre ouverte. Un refuge ?
    L'homme s'introduit dans la maison, se cache sous un lit, le temps que les choses se tassent.
    C'est sûr, il va reprendre sa cavale tout à l'heure, demain, la semaine prochaine...
    On ne peut pas vivre comme ça, caché sous le lit d'une femme malade, pendant des mois, si ?
    Véritable tour de force littéraire, La Cachette est à la fois un thriller implacable plein de surprenants rebondissements, un roman intimiste sans pudeur et une fable claustrophobe : le récit halluciné de la métamorphose d'un homme en rat.
    Un vrai coup de génie !
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  • Un immense fracas le réveille. Le tonnerre ? Peut-être... Le jour pointe, la chaleur est déjà étouffante dans l'appartement minuscule occupé par Pierre au 13e étage de sa tour de banlieue. Ensommeillé, il entrouvre le rideau de la fenêtre depuis son lit... et demeure pétrifié par le panorama qui se révèle à lui. Un brouillard poisseux bouche l'horizon, c'est à peine s'il distingue la silhouette de la tour des Tilleuls à quelques dizaines de mètres de là. Le brouillard, avec une telle canicule ?...

    Ainsi débute le cauchemar pour tous les résidents de cette barre HLM coupée du monde par un mur cotonneux qui semble abriter de terrifiantes créatures, une réclusion forcée qui va contraindre les habitants à s'organiser pour faire face à l'indicible et révéler la vraie nature de chacun.

    Car après tout, le pire n'est peut-être pas dans la brume...

  • Premier iour : Sur le chemin de votre lieu de travail, vous apercevez votre voisin errant dans les champs. Interloqué, vous lui faites un signe auquel il ne répond pas, puis poursuivez votre route. Jusqu'au moment où vous réalisez que le voisin en question est mort d'une rupture d'anévrisme cinq semaines plus tôt ...
    Troisième iour : Dans votre salon, avec votre fille et votre femme, vous ne décollez plus de la télé, qui enchaîne non-stop les émissions spéciales sur ce qui est désormais la nouvelle réalité du monde: aux quatre coins de la Terre, les morts se réveillent.
    Apathiques, sans but, ils errent au royaume des vivants ...
    Quatrième iour : Vous êtes à deux doigts de vomir, paralysé par la trouille et le dégoût alors que votre femme, rayonnante, serre dans ses bras, au beau milieu de votre salle à manger, une chose qui, un jour, fut sa mère ...
    Huitième iour : Votre femme est partie vous ne savez où, emportant votre fille chérie, après que vous ayez réduit en cendres l'ignominie purulente qu'elle s'obstinait à appeler « maman » .. . Dans la nuit, derrière vos volets cloués et alors que votre labrador ne cesse de geindre, les monstres rodent.
    Neuvième ('our : La télé montre un reportage tourné en ultraviolet au cours duquel on distingue c airement une de ces choses putrescentes dévorer un chat vivant ... De part le monde, ils sont désormais des millions et vous vous posez une seule et unique question : mon monde n'est il pas désormais le leur ...
    Hommage à George Romero et au célèbre Je suis une légende de Matheson, Zombies, un horizon de cendres est avant tout un roman qui, au travers du prétexte d'une inconcevable fin du monde vécu du point de vue d'un unique personnage, aborde les problèmes ô combien réels auxquels notre société est confrontée (écologie, intégration) tout en livrant une analyse tranchante sur l'altérité.

  • Je suis arrivé à l'orée d'un mail qui n'est plus qu'un tapis d'herbe carbonisé. Sur un banc de pierre, deux formes penchées qui s'accolent évoquent deux amoureux. Dans les deux cas l'arrière du crâne est éclaté à l'identique sur une bouillie d'esquilles, de sang figé, de mèches raidies. Double suicide? Ou est-ce moi qui, lors d'une précédente expédition?... Je ne m'en souviens pas. Et puis quelle importance? L'important, c'est que je trouve quelqu'un. Que je ne sois pas sorti pour rien. Mon temps utile s'écoule. Bientôt, je devrai rentrer.
    La fin du monde, c'est un peu tous les jours chez Jean-Pierre Andrevon. La fin des mondes, plutôt, tant la réalité future, virtuelle ou fantasmée, espérée ou redoutée, semble se faire multiple dans ces neuf récits de SF o l'un des grands auteurs de l'Imaginaire francophone questionne une fois de plus les relations de l'homme à la nature, à sa planète, à lui-même.
    Né en 1937 à Jallieu dans l'Isère, Jean-Pierre Andrevon a publié près de 160 romans, recueils ou essais dans des domaines aussi divers que le fantastique, la SF, le polar, la littérature jeunesse ou l'écologie. Chanteur, dessinateur, il vit à Grenoble entouré de ses nombreux chats.

  • Les nouvelles qui composent ce recueil ont été écrites entre 1960 et le début des années 2000. Certaines ont paru dans Fiction, Charlie Hebdo, Fluide Glacial. La plupart n'ont jamais été rééditées depuis. Contes surréalistes, fables rurales, micro-nouvelles de SF, pamphlets pacifistes ou écologistes... On songe à Jacques Sternberg, Clifford D. Simak, René Barjavel... Puis à Jean-Pierre Andrevon, tout simplement. Car on suit sans peine dans ce recueil, fruit de quarante ans d'écriture, un fil conducteur irrésistible: aujourd'hui comme hier, l'éternel retour de la bêtise humaine inspire à l'auteur les mêmes sentiments. Sa fiction, plus que jamais, en porte témoignage.

    Né en 1937 à Jallieu dans l'Isère, Jean-Pierre Andrevon a publié plus de 130 romans, recueils ou essais dans des domaines aussi divers que le fantastique, la SF, le polar, la littérature jeunesse ou l'écologie. Chanteur, dessinateur, il vit à Grenoble entouré de ses nombreux chats.

    Extrait:
    «Nous prendrons les meilleurs élèves, les premiers des sections terminales et quelques étudiants en licence parmi les plus doués. Trente en tout, la contenance d'un autocar moyen, auquel on adjoindra une dizaine de filles, choisies également d'après leurs résultats aux examens, et qui occuperont les strapontins. En ce qui concerne l'armement, ils seront dotés en principe de fusils et de carabines des surplus américains. Mais nous leur donnerons aussi quelques grenades offensives, et deux ou trois revolvers pour ceux qui tiendront le rôle d'officiers. L'embuscade se produira un peu en deçà de la Porte d'Italie, à l'endroit des anciennes fortifications...»

  • Véritable best of des récits de science-fiction de Jean-Pierre Andrevon, "Demain le monde" réunit une sélection de vingt-deux des meilleures nouvelles et novellas de l'un des auteurs les plus prolifiques de l'imaginaire francophone, et le plus abondamment publié dans la mythique collection "Présence du Futur". Une anthologie composée par Richard Comballot, à qui l'on doit au Bélial' l'élaboration du recueil "L'Accroissement mathématique du plaigir" de Catherine Dufour, "La Créode" de Joëlle Wintrebert, et "A l'est du Cygne" de Michel Demuth.

  • 528 récits minuscules. Andrevon ne fait pas de jaloux! Les intégristes de tous poils, et pas seulement les barbus, sont les cibles privilégiées de cet éternel pourfendeur de la btise ordinaire, du conformisme social, religieux ou sexuel. Emmené par un goût de la provocation poétique hérité des Surréalistes, il puise dans l'imaginaire de la SF, son domaine de toujours, pour composer ces 528 cocktails détonnants. Vous vous croyez à l'abri? Détrompez-vous, il y en a forcément un qui vous est destiné. A vous de le trouver... avant qu'il ne vous trouve! Un tour de force quasi oulipien: une phrase par nouvelle.

  • Nombre de malheureux ne se souviennent pas de leurs rêves, ce qui n'est pas mon cas. Certains de mes rêves -- beaucoup, en fait -- étant de véritables petites histoires, j'ai commencé très tôt à les noter à mes réveils ; de même que, vice-versa, nombre de mes récits, nouvelles ou départs de romans, procèdent de mes rêves, comme je l'ai souvent expliqué...
    En voici une bonne centaine, et même un peu plus, pour faire bonne mesure. Servis non par ordre chronologique, mais en zigzags, histoire d'éviter autant que possible la monotonie.

    Je vous invite donc, sans plus de manière, à pénétrer dans mes nuits. Avec le risque qu'on m'y juge d'une perversité insoupçonnée, d'une cruauté rédhibitoire, sujet à des fantasmes que la morale réprouve, et que l'on passe son chemin. Risque que j'encours avec sérénité, vous renvoyant à ces vers de Brassens : « Je n'ai jamais tué, jamais violé non plus / Y'a déjà quelques temps que je ne vole plus. »

  • On ne raconte pas Andrevon, on le cite, écrivait Michel Jeury dans la mythique revue Fiction en 1977. Dont acte:

    J'écris avec, comme garde-fou, un synopsis préalable né, lui, au hasard: suite à un rêve vivace, à une actualité cocasse ou tragique, en tout cas singulière, une conversation, ou une phrase de cette conversation, parfois un passage, une séquence d'un livre ou d'un film que j'ai envie de revisiter à ma manière. En plus de quarante ans d'écriture, combien en ai-je capturé au vol, pour les épingler tels de brillants insectes sur mes planches entomologistes? Croyez-le ou non, des centaines et des centaines. Le problème, car au bout du compte il y en a un, se résume en une seule et courte phrase: que vont devenir tous ces synopsis? La réponse à ce dilemme torturant est venue toute seule, exactement comme un synopsis de hasard: pourquoi ne pas les publier tels quels? C'est ainsi que j'ai fait le grand saut sans élastique dans mes tiroirs, que j'ai nagé en brasse coulée dans mes chemises, pour en extirper 66 synopsis, nombre imposé par la beauté de l'assonance, et ce dans les genres littéraires les plus divers.

  • Qui aura lu Soixante-six synopsis... et autant d'histoires à écrire, même éditeur, même collection, ne saura être étonné par le présent ouvrage. Ou alors juste un petit peu: «Quoi, il en a encore?» Eh bien, oui, j'en ai encore. De ces histoires qui dorment, mais que d'un oeil, dans les tiroirs décennaux de mon imaginaire. Alors pourquoi les y laisser? Question à peine posée que déjà j'y ai répondu, puisque voilà dix-neuf autres synopsis à éplucher comme les pétales d'une grosse marguerite.

    Le temps passant, et passant vite, ce n'est pas pour moi un gros déchirement que de les livrer au public des arènes. Mieux vaut ce vide-grenier que le lent dessèchement dans l'oubli. Car, dans la littérature comme dans la vie, l'essentiel est de s'amuser. Amusons-nous!

  • Ça a peut-être commencé cette nuit de 1943 ou 1944, quand j'ai vu cette chose, de la fenêtre de ma chambre. La nuit était claire, très claire, trop claire : une lumière bleu argenté, qui passait par l'entrebâillement des volets. Je m'étais réveillé. Je me suis levé, j'ai marché jusqu'à ma fenêtre, j'ai peut-être écarté davantage les volets. Et j'ai vu la chose.
    (L'autre côté) Tu avanceras dans le jardin. Des éclairs de couleur crépiteront devant tes pieds. Surpris, tu arrêteras ta marche. Mais un peu tard : de ta hauteur, si loin au-dessus des herbes, tu distingueras une faible scintillation bleue et rose au bord de la semelle droite, en plastique mou, de ta sandale d'été. Tu te baisseras. Tu as écrasé une sauterelle, tu l'as écrabouillée, tu le constateras en déplaçant ta sandale dont tu frotteras la tranche dans l'herbe : les ailes cassées qui battent encore, l'abdomen crevé, perdant ses humeurs.
    (Devant la fenêtre ouverte) Quand je suis rentré, Katrina venait de faire l'amour. Les vagues heurtées du plaisir m'avaient atteint alors que je pénétrais dans les soubassements du protéibloc 378 par la caverne Aurore. Les vagues n'étaient alors qu'un friselis d'écume, un flux d'atomes éthérés léchant l'extrême bord de ma métaconscience, sa grève. Puis, à mesure que je me laissais emporter toujours plus haut par les rampes diversement cintrées et inclinées qui nervurent tout l'intérieur du proté, les vagues s'étaient faites plus fortes, plus saccadées, plus serrées. Katrina parvient toujours vite à l'orgasme quand elle fait l'amour avec un autre que moi.
    (La Bête des étoiles et l'empathe)

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