Sciences humaines & sociales

  • Issu à la fois de l'aristocratie prussienne la plus traditionnelle et de la bourgeoisie juive, Vollrath von Maltzan est catégorisé « Mischling » ou « demi-juif », dès la fin des années 1930, par le régime nazi. Plus tard, plusieurs membres de sa famille seront déportés. Il parviendra pour sa part à échapper aux persécutions et après la guerre occupera de prestigieuses fonctions diplomatiques, jusqu'à devenir ambassadeur de la RFA à Paris.
    Du château d'Odratzheim aux demeures cossues de l'avenue Foch en passant par les bureaux de la Wilhemstrasse à Berlin, le ghetto de Lodz et le camp d'extermination d'Auschwitz, c'est à une minutieuse enquête, auprès des survivants et des témoins, que se livre ici Jean-Marc Dreyfus pour tenter de retracer cette trajectoire hors du commun.

  • Le catalogue Goering

    Jean-Marc Dreyfus

    La transcription du catalogue mentionnant l'intégralité des oeuvres d'art pillées par les nazis pour le compte de Goering, retrouvé dans les archives du Quai d'Orsay. Avec le récit de leur collecte, puis de leur destin après-guerre (tous les propriétaires n'ayant pas été retrouvés).

  • Les rapports de Berlin

    Jean-Marc Dreyfus

    • Fayard
    • 12 Octobre 2016

    En octobre 1931, André François-Poncet est nommé ambassadeur de France en Allemagne. Dans ses longs rapports  et ceux de ses consuls  transmis à Paris jusqu'à sa nomination à l'ambassade de Rome en novembre 1938, le diplomate tente d'alerter son gouvernement de l'ampleur et des dangers du national-socialisme, cette « philosophie du monde » qu'Hitler ambitionne de « répandre » à travers l'Europe. Au jour le jour, François-Poncet rapporte aussi bien l'acclamation sans précédent du dictateur lors des Jeux olympiques de 1936 et l'embrigadement de la jeunesse que la préparation du pays à la guerre par la constitution clandestine de stocks. Mais il se fait surtout le témoin de la persécution des juifs, depuis le boycott des boutiques juives à Berlin jusqu'à la saisie à Vienne des biens des Rothschild ou du baron Ephrussi.
    L'historien Jean-Marc Dreyfus a recueilli et classé ces rapports en grande partie inédits comme autant de témoignages indispensables de la progressive mise en place du projet hitlérien dans l'Allemagne des années 1930. Grand observateur de cette époque fondamentale de l'histoire du xxe siècle, François-Poncet écrivait alors : « Quand les dieux ont soif, il arrive qu'ils oublient eux-mêmes leur principe et qu'ils choisissent des hommes comme Hitler pour faire d'eux les instruments de leur catastrophe. »   Jean-Marc Dreyfus est historien, Reader à l'université de Manchester (Royaume-Uni). Spécialiste de la Shoah et des génocides, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Des camps dans Paris. Austerlitz, Lévitan, Bassano, juillet 1943-août 1944, en collaboration avec Sarah Gensburger (Fayard, 2003). Son habilitation à diriger des recherches a été publiée sous le titre L'impossible réparation : déportés, biens spoliés, or nazi, comptes bloqués, criminels de guerre (Flammarion, 2015).
     

  • Dépouiller les Juifs, c'est tout ensemble les humilier, les priver de toute protection en les appauvrissant ou en les réduisant à la misère et, dans le cas des banques et des banquiers, satisfaire à un fantasme aussi vieux que l'antisémitisme (la supposée toute-puissance de la finance juive et les imaginaires complots tramés par ses détenteurs pour détruire les nations). Corollaire et complément des deux statuts des Juifs promulgués par Vichy, l'« aryanisation » constitue en France comme ailleurs une étape nécessaire de la Shoah.
    Les nazis avaient mis au point dans le Reich puis dans l'Autriche de l'Anschluss des procédures destinées à faire passer les entreprises juives, en particulier les banques, dans des mains « aryennes ». Dès les premiers mois de l'occupation en France, les autorités allemandes, secondées - à l'occasion devancées - par le très zélé Commissariat général aux questions juives, voulurent mettre cette expérience à profit, et il se trouva bien entendu des candidats à foison pour assurer l'« administration provisoire » des biens saisis. Si l'opération, en dépit de drames multiples, ne fut pas une réussite totale, c'est surtout parce que les pesanteurs bureaucratiques, la division du territoire en plusieurs zones, parfois la riposte adroite de quelques victimes firent traîner certains dossiers jusqu'à la Libération (les restitutions, qui sont ici analysées pour la première fois, prirent elles aussi des années.).
    Appuyant sa démarche sur une enquête orale étendue et surtout sur le dépouillement d'innombrables dossiers refermés depuis des décennies et dispersés au gré des circonstances et des administrations, Jean-Marc Dreyfus donne à cette question toute la place historique qu'elle mérite. Avec finesse et précision, il scrute aussi bien les destinées de grandes maisons devenues de véritables légendes comme Rothschild ou Lazard que celles d'humbles établissements d'Alsace ou de Moselle. Il n'a garde d'oublier que derrière des noms illustres ou obscurs se dissimulent des hommes de chair et de sang : quelques privilégiés ont connu l'exil, tous les autres ou presque ont subi l'exclusion, certains sont entrés en résistance, beaucoup ont été déportés pour ne pas revenir. La passion antisémite ne fait pas de différence entre pauvres et riches.

    Agrégé d'histoire, diplômé de l'EDHEC, Jean-Marc Dreyfus a été chercheur à la Mission des travaux historiques de la Caisse des dépôts et consignations. Docteur en histoire, il a soutenu une thèse sur L'Aryanisation économique des banques. La confiscation des banques juives en France pendant l'Occupation et leur restitution à la Libération, recherche dont est issu le présent livre.

  • Ami, si tu tombes...

    Jean-Marc Dreyfus

    • Perrin
    • 13 Janvier 2005

    Soixante ans après la libération des camps de concentration nazis, la déportation est au coeur de la commémoration de l'horreur génocidaire.
    Pourtant son contenu et ses représentations ont considérablement évolué en quelques décennies. Ce livre, fondé sur les meilleures sources dont plusieurs inédites, trace à la fois l'histoire d'une réinsertion improbable et d'une mémoire changeante. En 1945, l'image du déporté résistant s'impose, avec les photos de l'ouverture des camps, le spectacle des survivants à leur retour et la puissance émotive de leurs récits.
    Les résistants, accueillis en héros, sont longtemps les seuls déportés visibles. Quinze à vingt ans plus tard, l'opinion française commence à prendre conscience que déportés résistants et déportés juifs n'ont pas connu le même sort. S'engage alors une concurrence commémorative, doublée par les difficultés de la transmission d'expériences hors du commun et par la lutte entre abrasement de la mémoire et volonté de témoigner.
    De cette période complexe, les Juifs émergent en victimes suprêmes, tandis que les résistants déportés sombrent presque dans l'oubli. C'est à rendre la présence de la déportation dans tous ses aspects que s'attache ce livre neuf, écrit par l'un des plus fins connaisseurs de la Seconde Guerre mondiale et de l'histoire de la Shoah, en combinant sources écrites et témoignages photographiques abondants.
    Un ouvrage pour raconter, comprendre et commémorer.

  • Professeur de lycée strasbourgeois, réfugié à Nice en 1940, Lucien Dreyfus tient un journal. Il raconte le milieu des réfugiés alsaciens, juifs ou non, une expulsion de l'Education Nationale, la création d'une école ORT (Organisation - Reconstruction - Travail), les difficutés de la vie quotidienne et du ravitaillement, ainsi que ses très nombreuses lectures. Sous la plume de cet homme déjà âgé - il a 59 ans en 1940 - c'est une chronique intime et politique de la France occupée et de la persécution en Zone Sud qui est déroulée. Lucien Dreyfus pointe la petitesse de ses contemporains mais développe aussi une réflexion profonde sur les malheurs du temps. Ainsi voit-il dans l'abandon de la foi religieuse l'origine de la catastrophe européenne. Cynique, tragique, mais aussi souvent drôle, Lucien Dreyfus est un moraliste à la vaste culture, à la fois allemande et française. Il est déporté à Ausschwitz le 20 novembre 1943 (convoi n° 62), où il est assassiné.

  • A partir de documents d'archives, J.-M. Dreyfus présente le processus de réparation des déportés français, entre 1944 et 2001. Il aborde le sort des morts, les biens spoliés, l'or juif, l'indemnisation des déportés, le destin des criminels de guerre, ainsi que le rôle du Quai d'Orsay sous Vichy puis après la guerre.

  • Cet ouvrage fait le point sur la question diffi cile de la republication de Mein Kampf. En janvier 2016, le livre tombe dans le domaine public, 70 ans après la mort de son auteur, Adolf Hitler. L'application du droit d'auteur, qui a été conçu à l'origine pour mettre à la disposition de l'Humanité les grandes oeuvres de l'esprit, permet la libre republication d'un texte de haine, d'un texte qui a été un programme pour le totalitarisme et a annoncé la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Cet ouvrage analyse le contenu du livre d'Hitler retrace à grands traits son histoire méconnue, y compris son destin éditorial après la Seconde Guerre mondiale. Il se demande pourquoi le livre se vend encore dans de nombreux pays, parfois en grand nombre (comme en Turquie ou en Inde). Le livre a connu une renaissance depuis 1989, a été réimprimé dans de nombreux pays, se vend largement. Les auteurs s'interrogent ensuite sur ce qu'il faut faire face à la republication de Mein Kampf, tout en s'inquiétant d'un nouveau type de diff usion : la distribution libre sur Internet. Les messages de haine sur Internet sont torrentiels mais très variés : depuis les insultes personnelles jusqu'à la vente d'ouvrages islamistes.
    Plusieurs solutions sont analysées, pour fi nalement retenir l'idée de la responsabilisation à la fois des éditeurs et des lecteurs. Les auteurs proposent l'insertion d'un avertissement pédagogique pour toute republication ou nouvelle traduction du livre. L'originalité de cet essai est qu'il combine une réfl exion historique à une analyse juridique. Il lie ainsi de nombreux sujets : la mémoire des crimes nazis, la résurgence de la haine, le rôle d'Internet dans la diff usion du racisme et de l'antisémitisme, l'adéquation du droit d'auteur à la situation contemporaine. Le livre est fi nalement une réfl exion plus générale sur la façon dont les démocraties doivent se protéger contre leurs ennemis.

  • Trois millions de juifs assassinés en Pologne, deux millions en URSS, six millions de victimes en tout et des communautés entières rayées de la carte. La Shoah n'en finit pas de hanter notre mémoire. Comment peut-on aujourd'hui tenter de l'appréhender et d'en écrire l'histoire ? C'est à cette tâche que se sont attelés les auteurs de ce dictionnaire, à la lumière notamment des recherches les plus récentes, disponibles ici pour la première fois en français, en mettant l'accent sur l'Est de l'Europe. Dressant un bilan précis, analysant les processus de décision, les méthodes, le parcours des principaux bourreaux, mais aussi rendant vie aux victimes, à travers l'évocation de l'effervescence de la vie juive avant-guerre, ils nous permetttent de mieux cerner l'irréparable ampleur de la tragédie.

  • Début 1947, à la suite du procès des médecins nazis, est promulgué le Code d'éthique de Nuremberg qui encadre aujourd'hui encore les expérimentations sur des êtres humains. Mais les progrès médicaux soulèvent de nouvelles questions : faut-il légaliser l'euthanasie ? Comment concilier l'intérêt du patient et celui de la collectivité ? Les assurances données par les démocraties en matière de déontologie sont-elles aussi fermes qu'on pourrait le croire ? Les logiques perverses ayant abouti aux crimes nazis s'inscrivent dans des visions plus anciennes, un diktat de la science et du progrès que l'on retrouve dans des réflexions actuelles, pour peu qu'on ose y porter un regard critique. C'est ce que cet ouvrage, fruit d'une réflexion entre historiens, philosophes et médecins, entend faire.

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