Jacques Bouhsira

  • La conception psychanalytique du symptôme a révolutionné la manière de le concevoir et de le traiter. Au lieu de l'envisager sous le seul angle d'un dysfonctionnement pathologique par rapport à la norme, Freud a dégagé le mécanisme de formation des symptômes en lien avec une conflictualité psychique menant à un compromis. La psychanalyse a donc pour effet de « valoriser » le symptôme, d'en faire une création du sujet inconscient.
    À l'heure où l'efficacité thérapeutique se mesure souvent à la disparition des symptômes perturbateurs, il importe de faire valoir la portée de la conception psychanalytique des symptômes dans ses différentes dimensions, non pour se satisfaire de leur persistance, mais pour permettre une écoute et une interprétation renouvelées.

  • La psychanalyse contemporaine différencie les agir-symptômes retrouvés dans les comportements (addictifs, transgressifs), des agir de transfert.
    En effet, l'Agieren Freudien se situe bien dans la dynamique transférentielle, et ce livre met en valeur la façon dont l'agir peut en fait être l'allié de la cure, ouvrant la voie à de nouvelles représentations advenues grâce à ce passage en extériorité. D'une remémoration qui échoue au signe d'expériences traumatiques passées au-delà du plaisir, l'agir dans la cure se considère comme une adresse que l'analyste doit mettre en forme et aider à symboliser. Les analystes contemporains cherchent à l'appréhender comme le signal et l'avantscène d'une transformation psychique nécessaire.

  • Après la mise en évidence par Freud, en 1927 et 1938, de la complexité des mécanismes psychiques inconscients qui sous-tendent les conduites sexuelles fétichistes masculines, de nombreux auteurs postfreudiens ont élargi et complexifié la causalité freudienne exclusivement centrée sur l'angoisse de castration, en introduisant parallèlement l'existence chez ces patients d'angoisses plus précoces voire archaïques concernant les relations avec l'objet primaire.
    Cette monographie vise à montrer l'extrême diversité clinique des formations psychiques à valeur fétichique, au-delà des pratiques sexuelles et au-delà du seul masculin, et à réinterroger leur fonction dans l'économie psychique globale, selon une approche extensive reflétant les courants de pensée contemporains issus des problèmes posés par les cliniques actuelles.

  • Avec la pulsion, l'objet, le transfert et l'inconscient, le refoulement est l'un des concepts au fondement de la psychanalyse.
    Ce volume tente de préciser les contours d'une notion dont on pourrait trop aisément penser qu'elle va de soi, alors que les questions métapsychologiques ne manquent pas : que dire de la relation entre pulsion et refoulement ? si, dans le refoulement, c'est le représentant-représentation de la pulsion qui est refoulé, qu'est-ce alors qu'une pulsion " privée " de son représentant-représentation ? que devient le refoulement, dans la théorie freudienne après la mutation de 1920 et le relatif abandon de la perspective représentationnelle au profit de la réflexion sur les processus et le jeu des forces qui les engendre oequel statut épistémologique donner au concept de refoulement proprement dit peut entretenir, d'une part avec les autres mécanismes de défense, mais aussi avec les autres destins de la pulsion (et notamment la sublimation) ? enfin, quelle est la place du refoulement dans la pratique analytique, notamment du côté du contre-transfert ? comment penser sa place dans la cure analytique avec l'enfant ?

  • "La psychanalyse, dès lors qu'elle s'est construite, d'abord à partir de la compréhension du symptôme hystérique, puis à travers l'interprétation de rêves, sur l'étude du conflit entre le désir inconscient et l'interdit, ne pouvait que rencontrer la question de la limite et de la transgression. Mais elle ne pouvait pas ne pas la rencontrer aussi au coeur même de son exercice : le transfert, rappelle J.-B. Pontalis, est un « agir », le transfert est une passion, au point que, comme Freud l'a souligné dans ses Observations sur l'amour de transfert, « la scène a entièrement changé, tout se passe comme si quelque comédie eût été soudainement interrompue par un événement réel, par exemple comme lorsque le feu éclate pendant une représentation théâtrale ».
    L'idée de transgression n'est toutefois pas à proprement parler un concept psychanalytique, puisqu'elle concerne la normalité et la normativité sociale ; elle n'intéresse la psychanalyse que dans la mesure où la différenciation du psychisme en instances donne à l'interdit un statut psychique, interne, lié au développement du Surmoi. La transgression ainsi comprise concerne toutes les dimensions de la vie humaine : création, sublimation, sexualité, que le sujet soit pris isolément ou dans le réseau de ses appartenances groupales et institutionnelles."

  • La collection est dirigée par Claude Le Guen, Alain Fine, Annick Le Guen, psychanalystes. Elle publie des ouvrages rédigés par un ou plusieurs psychanalystes, résultats de leurs travaux et réflexions sur un thème précis.

  • Si Freud a tenté de réduire la complexité de l'affect à un problème de quantité, force est de constater qu'après 1920 les questions qui se posent deviennent de plus en plus énigmatiques. Le propos de cet ouvrage est de mettre en perspective cette complexité : d'abord le trajet chez Freud de cette notion puis la confrontation aux réévaluations théoriques contemporaines. Par exemple qu'en est-il de la théorie de l'affect chez les kleiniens ? Quelle est la fonction de l'affect dans la théorie psychosomatique ? Qu'en est-il de son rapport à l'éprouvé ? Les auteurs, qu'ils soient proches ou éloignés de cette conception, montrent ici l'importance de la question de l'affect inconscient.

  • La collection est dirigée par Claude Le Guen, Alain Fine, Annick Le Guen, psychanalystes. Elle publie des ouvrages rédigés par un ou plusieurs psychanalystes, résultats de leurs travaux et réflexions sur un thème précis.

  • Depuis que Freud s'est autoproclamé « archéologue de l'âme » dans les Études sur l'hystérie en 1895, les débats sur l'originaire et l'archaïque sont, en plein ou en creux, constitutifs de la psychanalyse elle-même comme science de l'origine.
    Aujourd'hui, les discussions à ce sujet ne laissent jamais indifférente la communauté des analystes. De fait, l'ambition résolument matricielle de ces deux termes est une valeur sûre pour convoquer la complexité mouvante et évolutive de la rencontre transféro/contre-transférentielle.
    Cette attractivité s'enracine dans le fort magnétisme de l'énigme des commencements dont l'originaire et l'archaïque sont animés. Ce pouvoir s'étend des délices brûlants de la séduction aux affres de la répulsion. La fascination, en tout cas, y est dominante avec ses vertus mobilisatrices et ses vertiges régressifs.
    Ce numéro des « Monographies et Débats de Psychanalyse » se propose d'explorer bien distinctement l'originaire et l'archaïque à l'abri des réductions caricaturales et en cernant l'essentiel : les promesses de l'exploration attentive de leurs récurrences polymorphes et insistantes dans la clinique quotidienne.

empty