Fanny Cosandey

  • L'idéologie républicaine, empreinte d'égalité, postule que les hommes naissent libres et égaux en droit. Sous l'Ancien Régime, c'est la question du rang qui gouverne l'organisation sociale, et, à travers titres et dignités, la place occupée qui dit l'identité des êtres et des lignages, la puissance des acteurs.
    Étudié par Fanny Cosandey dans l'entourage royal, le rang s'offre en observatoire des rapports de force des sujets entre eux et, surtout, avec le monarque. Celui-ci, soucieux de manifester son pouvoir d'ordonner, joue du cérémonial comme d'un attribut de la puissance souveraine et d'un instrument des relations sociales.
    Les manuscrits conservés par les maîtres de cérémonies livrent les ressorts de l'ordonnancement des préséances: de l'organisation palatiale à l'ordre parfait de Versailles :
    Des querelles de rang à l'art du rituel ; du jeu monarchique des placements à la permanence dynastique ; de la conception patrimoniale des rangs à la difficulté de penser l'individu (et la place des femmes en milieu politique masculin).
    Au final, les tensions issues de la loi du rang mettent bien en relief les contradictions de l'Ancien Régime : d'un côté, une royauté marquée par les origines féodales de la puissance souveraine;
    De l'autre, une société tendue vers un idéal de conservation (des places et des biens) que les déplacements cérémoniels viennent sans cesse contester.
    Pour dépasser ces contradictions, l'arbitrage des querelles se révélera un puissant outil dans les mains du souverain. Ses effets se feront sentir longtemps dans les transformations de l'appareil monarchique et la promotion des valeurs nouvelles, lesquelles viendront à leur tour bouleverser la société au point de menacer les fondements mêmes de l'ordre hiérarchique.

  • La reine, pas les reines.
    Loin du genre biographique et du récit anecdotique, voilà sans doute la première étude générale consacrée au personnage royal féminin, sa place et son rôle dans le système monarchique dont elle est en principe exclue par la loi fondamentale du royaume, la loi salique qui interdit aux filles l'accès à la couronne.
    Fanny Cosandey s'intéresse à tout autre chose qu'à la vie personnelle ou privée des reines.
    L'originalité de son travail est ailleurs : du côté des droits et des devoirs politiques de ce personnage étrange, périphérique et central ; souveraine et pourtant sujette, rarement française et pourtant première dame de France, privée des droits à la succession monarchique et pourtant garante de la continuité dynastique par son rôle de mère, de régente, de veuve, de douairière.
    La douzaine de cas très variés, d'Anne de Bretagne à Marie-Thérèse d'Autriche, constitue le modèle à partir duquel l'auteur fonde son analyse.
    Une première partie reprend toute la discussion autour de la loi salique depuis 1316 et examine les formes du mariage dans ses aspects anthropologiques, juridiques, religieux et sociaux. La deuxième partie étudie la place de la reine dans les cérémonies publiques qui consacrent la fonction : le sacre, les entrées royales, les funérailles. Une troisième partie, qui s'attache à définir son type de souveraineté et ses pouvoirs lors de la régence, culmine dans un " portrait " idéal de la reine telle que Rubens l'a présentée dans la suite consacrée à Marie de Médicis pour le palais du Luxembourg et à laquelle le nouveau Louvre réserve une salle entière.
    Une tradition tenace écartait la reine du pouvoir comme de l'attention des historiens.
    Voilà qu'elle nous revient au carrefour de l'histoire des femmes et du renouveau d'une histoire politique attentive aux aspects symboliques du pouvoir.

  • Ce livre propose une réflexion sur le rapport au temps dans une société partagée entre l'immémoriale observance et la prise en compte de son historicité. Cette tension ouvre la voie d'une modernité politique qui permet l'acceptation des transformations comme facteur de progrès.

    Avec le soutien de la région Île-de-France et de l'Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (UMR 8103) de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

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