Daniel Thin

  • La question des relations entre les familles et l'école est une question d'actualité, dans les quartiers populaires.
    Analysant ces relations et les élargissant aux relations avec les animateurs des actions de " soutien scolaire ", ce livre montre qu'elles ne peuvent être réduites aux seules questions de la scolarité des enfants. Elles engagent plus profondément une confrontation entre deux logiques divergentes : à un pôle, les logiques scolaires, qui s'inscrivent dans le mode de socialisation dominant dans notre société, le mode scolaire de socialisation ; à l'autre pôle, les logiques socialisatrices des familles populaires, logiques dominées et non légitimes.
    L'étude de cette confrontation est conduite à travers l'analyse des représentations réciproques, des pratiques socialisatrices des familles, de leurs attentes et de leurs pratiques à l'égard de l'école, des actions mises en oeuvre en direction des familles et des résistances de ces dernières aux logiques scolaires. Ce livre apporte un éclairage sur les problèmes de la scolarisation dans les quartiers populaires tout en rejoignant les débats sociologiques à propos des cultures populaires et des relations des classes populaires avec le monde dominant.

  • Face aux difficultés économiques, à la disqualification sociale, à la dégradation des conditions d'existence, comment les classes populaires font-elles pour "s'en sortir, malgré tout" ? Ce livre répond à cette question en examinant les conditions de la mobilisation de leurs ressources soutiens relationnels, savoir-faire convertis en avantages dans une situation particulière, relations avec des acteurs institutionnels, ainsi que d'autres formes de "débrouille".
    Tout en expliquant les limites et obstacles à l'amélioration durable des conditions d'existence des classes populaires, les auteurs montrent que ce qui fait ressource pour ces dernières est ancré dans des contextes locaux et dans des relations concrètes. Cet ouvrage collectif s'appuie sur plusieurs enquêtes sociologiques centrées sur les sorties précoces de la scolarité, les jeunes des missions locales, l'accès au logement, les parcours scolaires au sein de familles nombreuses, le relogement dans les grands ensembles HLM, les associations de femmes de quartiers populaires et les jeunes en quête de mobilité par une professionnalisation dans le football.
    Il critique la notion aujourd'hui dominante de vulnérabilité qui passe sous silence les conditions objectives à l'origine des problèmes sociaux et tend à faire porter aux individus la responsabilité de leur situation. Il soutient que pour s'attaquer aux inégalités sociales et aux violences symboliques renforcées par les orientations politiques de ces dernières décennies, il faut commencer par comprendre les ressources et les initiatives des premiers concernés.

  • Si, dans les années 1970-1980, l'"échec scolaire" était au centre des discours sur l'école dans les quartiers populaires, les questions de "violences scolaires" ou de "déscolarisation" dominent la scène depuis les années 1990, surtout à propos du collège présenté comme le "segment" où se concentrent les difficultés de l'école.
    Une attention nouvelle est ainsi portée aux processus de ruptures scolaires qui touchent d'abord des collégiens issus de milieux populaires. Les auteurs reconstruisent les parcours de ruptures scolaires de ces collégiens et analysent tour à tour l'effet de plusieurs dimensions : la précarité et les ruptures familiales ; les difficultés scolaires où se nouent apprentissage, conflits avec les enseignants, sanctions de l'institution ; la sociabilité juvénile qui oscille entre l'isolement et l'attraction du groupe de pairs.
    Refusant la vaine quête d'une cause unique, ils insistent sur l'articulation entre ces différentes dimensions et montrent l'enchaînement des processus au sein de plusieurs parcours de collégiens. S'appuyant sur une enquête intensive de deux ans, ce livre aborde des questions qui taraudent en profondeur l'école et alimentent le débat sur le "collège unique". Il apporte aussi des connaissances fines sur la dégradation des conditions d'existence d'une fraction des familles populaires et sur ses effets en termes de scolarisation et de socialisation.
    Il s'adresse à tous ceux qui sont concernés par les questions scolaires et sociales ainsi qu'aux étudiants et chercheurs en sciences sociales et en sciences de l'éducation.

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