Art Inprogress

  • Peter Klasen puise ses sujets de prédilection dans le décor inépuisable de la ville, qui le fascine. Ici son voyage à Cuba, n'est pas celui des plages et ds cartes postales. C'est La Havane, où la magie du geste de la jeune danseuse Jessica, sublimée par le regard de l'artiste trouve une résonnace à travers la ville. L'originalité de Klasen, c'est en effet qu'il prend comme matière première de son travail de peintre, des images, des photographies : celles qu'il va trouver dans la presse, dans les magazines, la publicité ou le cinéma et les photos qu'il ne cesse de prendre lui même au cours de ses déplacements. Ses photographies sont le point de départ initial de son travail d'artiste; ellesconstituent aujourd'hui un point d'arrivée . Elles ont une force évocatrice hors du champ touristique ou de cette mémoire familiale que l'on cherche habituellement dans la photographie. C'est un monde fragmenté qui y surgit par bribes, par gros plans, et sans détour; on y lit le mixte instable du séduisant et de l'inquiétant. Il veut créer l'émotion plastique pour provoquer un cheminement de pensée.

  • Cette imposante monographie très richement illustrée est avant avant tout une biographie de l'affichiste Jacques Villeglé écrite par l'écrivain Odile Felgine et préfacée par l'artiste Arnaud Labelle-Rojoux. Jamais réalisée à ce jour, cette monographie s'impose comme un ouvrage de référence pour qui veut tout connaître et tout voir de cet artiste essentiel de l'art contemporain. ... " Dans les rues de l'immédiat après-guerre, les affiches publicitaires flamboient sur les façades grises et lourdes, inquiétantes oriflammes d'un monde à venir et d'un univers mort, déchiré de trop de blessures, de coups de fouet, gourd de trop de frimas. Tout d'abord en équipe avec son ami Raymond Hains, puis seul de par la volonté de certains, accompagné de François Dufrêne qui sait capter l'envers des affiches et ceux des mots, Jacques Villeglé saisit, ravit, arrache. Le terme "cueillette" qui accompagne l'idée de flânerie, semble bien doux face à la violence du rapt, de la prise directe, de l'appropriation du réel, du refus d'un art de transposition... " Odile Felgine

  • Dans son travail le plus récent (série «People in the City»), Klasen pousse à son paroxysme l'antagonisme du travail et du désir, le premier supposant la peine, la fatigue et le temps propre à l'ordre productif d'une réalité nouvelle, quand le second s'épuise dans la quête d'une jouissance totale et immédiate (.). L'imaginaire du sexe, le fantasme de la possession, nourris de corps féminins aux nudités magnifiées et d'images de cinéma viennent s'y heurter violemment au monde de l'usine, avec la rudesse de son outillage, avec son gigantisme technologique conquérant, mais aussi son horizon de souffrance (c'est le premier sens du mot «travail» !), de discipline et de contrainte. (.)En bon anthropologue du quotidien, Peter Klasen est sensible au mélange détonnant de contradictions que condense notre société laborieuse et permissive, oppressante et libérée, tiraillée entre «principe de réalité» et «principe de plaisir». Il en tresse l'oxymore éclatant dans les thèmes et les couleurs qu'il rassemble sur ses toiles. » Bernard Vasseur

  • "Le malheur d'Oscar Gauthier aura été de se prendre pour un peintre tout court, avant tout, pour de bon. En fait, il était un raconteur, un visionnaire, un fabuliste. Il ne peignait pas pour peindre, mais parce qu'il avait quelquechose à dire. Quoi? Peu de choses en apparence : tout et rien. Les vrais poètes sont simples en esprit. Voilà pourquoi ils sont amateurs de vérités premières. Ils jettent sur le monde un regard ébloui par la magie du quotifdien, un regard hypersensible, toujours neuf ... " Pierre Restany.

  • Cette seconde parution de la collection « Vie d'artiste » qui s'attache à faire partager aux lecteurs la biographie (ou l'autobiographie) d'un artiste contemporain, retrace le cheminement esthétique de Jean-Pierre Pincemin.

    C'est au cours de différentes visites dans les ateliers de l'artiste que l'écrivain poète Louis Dalla Fior part à la rencontre de l'oeuvre de l'artiste, conviant le lecteur à remonter avec lui le fil de ses souvenirs, à contempler, détailler et analyser avec lui ce qu'il découvre.

    Accompagnée d'illustrations, cette biographie atypique, en forme de récit est une plongée poétique dans l'univers d'un artiste aux multiples facettes. Chaque chapitre présente une série, autant d'oeuvres phares dans la carrière de Pincemin.

  • Jacques Clauzel

    Collectif

    « Ce qui caractérise et distingue sans discontinuité la peinture de Jacques Clauzel depuis ses premières toiles et se perpétue, c'est le travail des fonds (au sens double où travaillent les fonds et les fonds se travaillent), l'ébranlement, la mise en branle perpétuelle de techniques diverses, sans cesse inventées, poussées, renouvelées : scarification, froissage, déchirure, ponçage, usure, pliage, gravure dans l'enduit, agressant à la fois les deux faces du papier kraft et l'acrylique elle-même (déjà très composée avant usage) jusqu'à leur anéantissement dans leurs métamorphoses découvrant, vie grouillante d'apparitions, le lieu même où elles apparaissent. Noirs et blancs sur le point d'accoucher les couleurs ou les formes et, par le trait qui les libère, leur fantomatique et persistante fugacité. » Pierre Torreilles

  • Yves klein ; substitution

    Tita Reut

    J'ai rencontré Arman en 1986 à l'occasion d'entretiens avec plusieurs artistes de l'Ecole de Nice, destinés à la revue Autrement.
    A la fin de la rencontre, à la question " Etes-vous satisfaite de ce travail ? " , j'ai répondu à Arman qu'il me manquait un entretien avec Klein. - Mais moi, je peux vous le faire, m'a-t-il répondu. A son passage suivant à Paris, cet artiste majeur m'a accordé une entrevue, au cours de laquelle j'ai. peu à peu, à travers une intensité de ton quasi médiumnique, d'abord rencontré Klein, puis Yves, enfin l'" indéfinissable " essence de l'accord, qui rend toute fiction possible...
    J'étais vêtue de bleu, et la parole transportait, avec elle, la fantomatique pureté d'une anthropométrie, " doté(e) (...) de cette présence effective, en un mot, de sensibilité, mais transmise par suggestion (...) "... (Y. Klein, 1956).

  • Entre 1950 et 1970, la société de consommation américaine s'exprime dans le pop art. Avec leurs oeuvres figuratives, Rosenquist, Lichtenstein, Warhol, Wesselmann, et d'autres s'affranchissent de l'expressionisme abstrait, en se rapprochant des modes de vie urbains, et des préoccupations quotidiennes des individus dans le monde moderne, et en développant une conception vitaliste de la peinture, opposée au Nouveau Réalisme, engagé lui, dans une lecture critique de la société du spectacle et de la consommation. L'oeuvre de Pavlos présentée dans cet ouvrage s'inscrit dans une phase maniériste, à un moment de son parcours, dans laquelle, il reprend les thèmes des peintres du Pop Art, pour les fragmenter, mettre en relief certains détails, et se rendre complice de leur oeuvre, par une technique toute particulière, faite d'un assemblage de papiers imprimés, ou d'affiches, mis en reliefs, massicotés, assemblés sur la tranche et collés sur un support en bois. Les tableaux ainsi constitués se caractérisent par une vibration particulière des couleurs, une matière toute en contraste, dans une foison de courbes et de mouvements révélant le travail besogneux de l'artiste.

  • Née en 1919 à Liège, Francine Holley-Trasenster s'intéresse très jeune aux arts plastiques et à la peinture . Elle parvient à entrer dans l'atelier de Mathilde du Monceau, à partir de 1937, en se consacrant essentiellement à la peinture de sujets classiques, paysages, natures mortes et portraits, dans un style totalement figuratif aux dominantes claires et douces. Elle décide de venir à Paris où elle rencontre l'architecte Michel Holley qu'elle épouse en 1947. Elle entre dans l'atelier d'André Lhote et fréquente le milieu artistique autour de Fernand Léger, de Jean Dewasne et Edgar Pillet, et s'inscrit à l'Atelier d'Arts Sacrés, où elle apprend les techniques de la fresque. Les cours qu'elle suit auprès de Fernand Léger l'influenceront beaucoup pour la suite de son oeuvre ... Cet ouvrage retrace le parcours et l'oeuvre complète de l'artiste de 1936 à 2002.

  • Le photographe Wolfgang Volz a suivi Christo et Jeanne-Claude, célèbres emballeurs de monuments et de paysages de 1970 à 2006. Ses photographies témoignent de l'oeuvre du couple, qu'il a suivi, de leurs premiers travaux, la barrière de voiles oranges de Valley Curtain en Colorado, à leur dernière réalisation : The Gates, composée de portes oranges dispersées dans Central Park. Plus qu'un photographe de leurs installations, Wolfgang Volz est devenu au fil du temps un collaborateur, s'impliquant dans l'ingénierie, le choix des matériaux et dirigeant même certaines opérations d'envergure comme l'emballage du Reichtag, par exempleoe cet ouvrage permet de suivre toute la carrière de ce couple d'artistes mondialement connu pour ses installations performances grandioses. Les textes en anglais permettent de comprendre d'un point de vue technique chacun des projets.

  • Agitateur depuis 1936, Gérard Guyomard ne se sépare jamais de son alphabet portatif. Des centaines de dessins à l'encre tracés sur des " bifsteacks ", papiers particulièrement aborbants. Son atelier en est jonché, et ses poches en sont bourrées. Le choix des images ici proposé couvre la période 1964-1978, mais l'artiste continue sans relâche à les croquer, ces scènes qui lui sont inspireées par les coupures de presse, les magazines sportifs, les revues de cinéma, les photos de charme, où des créatures de rêve s'exposent en " vamp libre". Tout fait sens chez Guyomard. Les textes de Patrice Delbourg mettent en relief ces petits riens qui font le tissu urbain, ces bleus à l'âme, ces corps en souffrances, cette vie ordinaire en crise, par réciprocité, en liberté absolue d'une amitié partagée avec Gérard Guyomard.

  • L'écrivain Gilbert vaudey connaît bien Lyon, son histoire, son architecture et son urbanisme. Ses déambulations dans les rues, les cours, les traboules, les cages d'escalier et tous ces recoins cachés de la ville qui ne se laissent découvrir qu'à l'oeil curieux, lui ont inspirés ces textes très éclairants sur les travaux de Tony Soulié. Et qui mieux que Tony Soulié avec ses photographies mêlées de peinture pourrait rendre hommage à cette grande ville pour y révéler son alchimie, sa lumière et ses instants de bonheur ?

  • Cette monographie d'Alberto Guzman arrive à point pour l'anniversaire de ses 80 ans. Depuis le Pérou de ses origines jusqu'à aujourd'hui en France, il est un témoin attentif du monde, sujet profond de ses préoccupations d'homme. A la violence des explosions figées dans le métal du début de son oeuvre, emblématiques des déchirements brutaux d'une humanité désunie, succède peu à peu l'apaisement des sculptures de marbre blanc, translucides, contemplatives, philosophales. Le dessin et la peinture ne sont pas oubliés, eux qui depuis toujours, pratiqués ou presque quotidiennement dans une apparente simplicité, mettent ens cène les espaces mentaux où se développent les rêveries de l'artiste. Ceci est un ouvrage qui sera une référence majeure pour qui voudra faire une plongée au coeur de la dynamique intellectuelle et sensible d'un homme sans frontières, doté d'une mémoire ancestrale, amateur d'aventures en terres inconnues.

  • La recette est simple et efficace, Liot s'amuse et nous amuse. Il nous attire dans son univers peuplé de tous ses acteurs qui nous sont familiers, par le biais de ses oeuvres modestes et brutes, volontairement ludiques et pleines d'une tonique vitalité.
    Ouvrage édité à l'occasion de l'exposition "Back from India" à L'Arsenal, Musée de Soissons, du 16 septembre au 05 novembre 2006


  • Homme de scènes du théâtre à la danse, mais aussi écrivain, " performer " et plasticien, Jan Fabre le transgressif explore dans chacune de ses créations, la violence ordinaire, celle qui rapproche l'homme de l'animal, de l'insecte : spectacles du désastre, théâtre de l'oeuvre, où s'expriment les corps, où se mêlent Eros et Thanatos, la douleur et le plaisir, le sacré et l'obscène. Documenté et illustré en abondannce, cet ouvrage revisite chacune des séries en bronze que Fabre a conçue depuis la fin des années 1990, accompagnée d'un texte original d'une personnalité du monde des arts : Ardenne, Dagen, Celant, Onfray ... S'y retrouvent les thèmes et sujets chers à l'artiste : fables oniriques ou allégoriques, symbolique religieuse, références artristiques, goût pour l'anatomie et le corporel, etc...

  • Monographie inédite consacrée au peintre Gérard Le Cloarec. S'y côtoeint des portraits de célébrités : l'Abbé Pierre, Sidney Bechett, EricTabarly, Martin Luther King, des visages d'ethnies : indiens, Massaïs, Papous, des scènes de plage, etc... dans ce style si caractéristique : un fond abstrait sur lequel se croisent points, croix, flèches, lettres et chiffres, et se superposent lignes et traits géométriques, réhaussés de couleurs vives, architecturant l'ensemble . L'auteur revient sur le parcours atypique du peintre, en analysant l'ensemble de son parcours. Tout au long du livre, un grand nombre de personnalités s'expriment sur l'oeuvre de Le Cloarec.

  • " Tony Soulié ne peint pas une fleur, mais un fantôme de fleur. Une étoile extravagante, une muleta tentaculaire, un crachat volcanique, une langue de Parsiphaé, un cratère radieux, une escarbille ardente, une tête cornue, une gueule de Vouivre ou de Sphinx, la tête d'Holopherne tranchée par Judith, Celle de Saint Jean-Baptiste brandie par Salomé dansant. Un visage de suaire. Les fantômes sont innombrables ? L'artiste fait revenir. Les oeuvres sont des revenants de nous-mêmes. Un linceul humecté de nos songes. Quel drap de noces exhibe la fleur de sang de la trouvaille ? Il ne s'agit pas de figurer une fleur mais de déployer un potentiel infini de figurabilité. " Patrick Grainville

empty