Seuil

  • Milos vit sa jeunesse, ses études de paléontologie et ses amours à Antibes, sous l'emprise de deux peintres mythiques, Pablo Picasso et Nicolas de Staël, réunis au musée Picasso, dans le château érigé face à la Méditerranée.

    Picasso a connu à Antibes des moments paradisiaques avec la jeune Françoise Gilot, alors que Nicolas de Staël se suicidera en sautant de la terrasse de son atelier, à deux pas du musée. Ces deux destins opposés - la tragédie précoce d'un côté, la longévité triomphante de l'autre - obsèdent Milos. Le jeune homme possède un regard envoûtant, d'un bleu mystérieux, quasi surnaturel, le contraire du regard fulgurant et dominateur de Picasso. Les yeux de Milos vont lui valoir l'amour des femmes et leur haine.

    Le nouveau roman de Patrick Grainville est l'aventure d'un regard, de ses dévoilements hallucinants, de ses masques, de ses aveuglements. C'est le destin d'un jeune paléontologue passionné par la question de l'origine de l'homme. Milos, l'amant ambivalent, poursuit sa quête du bonheur à Antibes, à Paris, en Namibie, toujours dans le miroir fastueux et fatal de Pablo Picasso et de Nicolas de Staël.

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  • 1868-1927 : de l'invention de l'impressionnisme à la traversée de l'Atlantique par Lindbergh, un Normand établi à Étretat entreprend le récit de sa vie. Orphelin de mère, jamais reconnu par son père, il s'est installé chez son oncle, dans la splendeur des falaises, après avoir été blessé lors de la sanglante aventure coloniale en Algérie.

    Sous son regard, un homme peint : c'est Monet. Pour le jeune homme, qui ne connaît rien à la peinture, c'est un choc. La naissance d'un art et d'une époque se joue là, et, dès lors, il n'aura de cesse d'en suivre les métamorphoses, guidé par deux amantes, Mathilde, une bourgeoise mariée, sensuelle, puis Anna, passionnée. Elles l'initient à Monet, présent de bout en bout, mais aussi à Courbet, Boudin, Degas, Flaubert, Hugo, Maupassant... Tous passent à Étretat ou dans son voisinage.

    De la débâcle de la guerre de 1870 à la découverte de New York, de l'affaire Dreyfus au gouffre de la Grande Guerre, c'est tout un monde qui surgit, passe et cède la place à un autre. Dans la permanence des falaises lumineuses, la folie de Monet affrontant l'infini des Nymphéas. Le tout sous la plume d'un homme qui a beaucoup vécu, beaucoup ressenti, aimé et perdu.

    Fresque historique vertigineuse, saga familiale et amoureuse, évocation puissante de la pulsion créatrice : avec Falaise des fous, Patrick Grainville signe son roman le plus accompli, le roman d'une vie.

  • Le Rêve de la femme du pêcheur d'Hokusai est l'estampe érotique japonaise la plus connue. La plus énigmatique aussi. Union de la femme et de la bête marine. Scène d'hypnose, de sexe, de vigilance animale et de volupté surnaturelle. Patrick Grainville n'aborde pas le sujet par le biais d'une biographie d'Hokusa௠et d'une reconstitution de son époque. Il va droit au coeur du motif et raconte l'histoire de ce couple impossible d'amantes : femme et pieuvre.Le récit de cet amour monstrueux déroule son fil romanesque et fluide. Au gré des péripéties très concrètes affleure le sens de cette aventure inédite C'est d'abord l'évocation d'une ïle asiatique, perdue dans la mer où vivent quelques villages de pêcheurs autour d'un volcan. Tout commence par la révélation qui frappe un bel adolescent, voyeur aveuglé par la nudité d'une femme ... L'apparition et l'emprise de la pieuvre naïtront de ce dévoilement de la beauté interdite et de sa profusion intime et sensuelle. Patrick Grainville est né en 1947 à  Villers (Normandie). En 1976, il a obtenu le prix Goncourt pour Les Flamboyants. Il est l'auteur d'une vingtaine de romans.

  • Les Anges et les Faucons. Il a vingt-trois ans et vient achever ses études à Paris. Il lui faudra bientôt passer de l'autre côté, chez les adultes, et le désir autant que la peur d'entrer dans la vie l'obsèdent.Marguerite, sa logeuse manchote, se dresse au seuil de sa destinée : le jeune homme sent qu'une partie serrée va se jouer entre eux. Car Marguerite, qui a connu tant de malheurs, balance entre une vitalité tapageuse et une curiosité, presque une avidité pour la mort. Les présages fastes ou funestes, les épreuves cocasses et cruelles se multiplient. Marguerite serait-elle maléfique ?Cependant, Anny, l'amante, Johann, un vieil homme lumineux qui pourrait être un bâtard du peintre Egon Schiele, et Osiris, le guide un peu mythomane de Notre-Dame de Paris, se révéleront secourables.Notre-Dame rayonne au coeur de ce roman, habitée par les anges et les faucons qui nichent dans ses tours et chassent dans ses jardins nocturnes. Aiguillonnés par la découverte des signatures fascinantes de Wolf et d'Ehra sur le toit de plomb de la tour sud, Anny et son amant vont nouer avec la cathédrale une relation passionnée.

  • « Je retrouve la violence de mon adolescence. Je vois l'hiver. Je vois l'enfant. Je vois le monde intact et rayonnant de sauvagerie. Mais dès que la fatigue me fait lever la plume, c'est contre moi que je bute, ce vieux moi mort, orphelin de la foi et de

  • À la lisière de la forêt des Maures, dans un village peuplé de touristes anglais, un tigre s'échappe. Il appartient à un esthète solitaire qui, dans sa vaste demeure, reçoit les visites d'Hélène, sa complice, une jeune fille d'une nature puissante. Louise et Luc, âgés d'à peine quinze ans, se passionnent pour la fuite du fauve dont ils espèrent qu'il déjouera tous les moyens mis en oeuvre pour le retrouver: gendarmerie, armée, zoologues, jusqu'à l'arrivée d'un chasseur rocambolesque et spécialisé. Les deux adolescents, profitant de la relation conjugale dévastée de leurs parents, se prodiguent leur amour précoce. Mais ils sont les témoins directs de l'adultère dévorant, blessant, de la mort, de l'argent, de la perversion qui caractérisent l'existence commune. Eux, jouissent du sursis d'une île de lumière. Celle qui précède les compromis, les reniements et d'autres tentations de la maturité. Roman d'initiation et de fascination, Le Démon de la vie saisit l'été d'un âge d'or qu'il faut quitter.

  • L'amant de Paule, de Clo, de Léa... est possédé par la volupté de vivre. L'obsession de l'amour. S'abandonnant à ses chimères, à la chair, il accepte l'évidence de sa folie. Il évoque la tension douloureuse et jubilante du désir, les angoisses et les exubérances du lien passionnel avec un lyrisme et une lucidité sans détours. Heureux les obsédés sensuels : « Je vous salue, ô fesses !... Soeurs immaculées... »Romancier né en 1947, à Villers-sur-Mer, Patrick Grainville est aussi critique littéraire. Ses romans Les Flamboyants (prix Goncourt 1976), La Main blessée et Le Baiser de la pieuvre sont disponibles en Points. Il a reçu en 2012, le Grand Prix Paul Morand de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.« Un classique de l'érotisme. »Lire

  • Bison

    Patrick Grainville

    Philadelphie, 1828. Promis à une belle carrière d'avocat et de peintre mondain, George Catlin voit une délégation d'Indiens se rendre à Washington pour négocier des traités. Il est ébloui par la superbe des cavaliers. Bientôt, le peintre renonce à ses portraits de citadins huppés, il quitte sa femme, sa ville, son confort, enfourche son cheval pour galoper le long du Missouri et du Mississipi à la rencontre de dizaines de tribus. La grande prairie est vierge. Nuls colons, nuls cowboys. Des millions de bisons. Catlin est le premier à saisir sur le vif, armé de sa palette et de son pinceau, l'épopée des Indiens. Il réalise d'inoubliables portraits, recueille une incroyable moisson d'objets, son fameux " musée indien " qui fascinera quelques années plus tard George Sand et Baudelaire.
    Bison raconte le séjour de Catlin chez les Sioux, les aventures d'un village et de ses héros singuliers. L'imagination vient volontiers à la rescousse du document pour recréer, incarner le grand rêve de cet Américain sans préjugés, de ce fou d'Indiens, luttant pour sauvegarder leurs visages magnifiques et condamnés.

  • Ce dernier Viking, Martel, poursuit un rêve étrange : vivre comme ses ancêtres nordiques une vie luxueuse, barbare et joyeusement cruelle.Ainsi, ce paysan normand truculent et quelque peu paillard prend-il à contre-pied nos habitudes modernes d'où sont absentes l'imagination, la sensualité et la passion.Et, comme chacun sait, les rêves les plus fous se réalisent parfois...

  • La caverne céleste

    Patrick Grainville

    • Seuil
    • 1 Février 1984

    Simon effectue un reportage pendant l'été sur un site préhistorique du Sud-Ouest : une caverne célèbre où a été découvert le crâne d'un ancêtre de 500 000 ans ! Et c'est le visage du plus vieil Européen qu'il va traquer. Il fréquente l'équipe chargée des

  • Il a libéré la Côte-d'Ivoire du colonisateur ; il a été le révolutionnaire, le Père fondateur, le Président à vie.
    Il a régné pendant quarante ans, jusqu'à sa mort. C'est Houphouët-Boigny, et c'est le narrateur du livre. Du ciel, il contemple et commente sans relâche son village natal. Yamoussoukro, dont il a fait la capitale de son pays et où il a bâti la plus grande basilique du monde, une réplique de Saint-Pierre de Rome ! Et pas question qu'on ternisse son épopée.
    Mais, sur terre, Sylvanus complote contre la mémoire du vieux chef : écrivain turbulent, il se moque de la cathédrale.
    Un jour, il découvre l'existence d'un albinos mystérieux, un Nègre blanc, le bouc émissaire que jadis on sacrifiait dans le lac des crocodiles. Qui est cet albinos fascinant et caché ?
    Dans un parc animalier, une poignée d'Africains et de Blancs - parmi lesquels Thérèse et Assioussou, les amants sans mesure - défendent avec les moyens les plus extrêmes leur royaume sauvage contre les manigances du tourisme industriel.
    Eux aussi vont se passionner pour l'Albinos : le retour de l'exclu, du sans-peau, de l'écorché, de l'innommable, c'est celui d'une vérité maudite qui vient bouleverser l'ordre et la légende du tyran éternel.

  • Le lien

    Patrick Grainville

    Le cri de Maha, c'est M. qui le provoque et en révèle l'angoisse et la beauté au moment où, au volant de sa voiture, il se rend coupable d'un acte criminel. Alors, il rêve d'élever autour de la jeune métisse, témoin et victime indirecte de son geste, un théâtre de gloire et de rédemption.Du cri de maha naissent un chant, un disque, un spectacle. Sur la parvis de la Défense, une machine géante réunit choristes et danseurs autour de cinq mandrills, une famille de singes énigmatiques et bariolés, dans l'effervescence des lasers, de la sono, et les clameurs d'une foule fascinée.Concerts à Londres, à Tokyo, conférences de presse, déclarations scandaleuses, une carrière de star s'annonce, atypique et fulgurante.Cependant, Maha doit déjouer les simulacres du showbiz, les ruses de ses producteurs, les provocations de Yanne, son double obscène et somptueux. Aux prises avec sa propre violence, elle connaît la haine, l'amour et des désires contradictoires. Elle devra surtout affronter le lien obscur qui l'unit à M., amant et manipulateur, dans un combat où se joue son véritable accomplissent.

  • Un avion s´est écrasé dans une cité proche de paris, faisant 260 victimes. Voleur de voitures peut-être traqué par la police, Jérôme profite de l´atmosphère de fin du monde qui règne sur le quartier pour s´emparer d´une des boîtes noires de l´avion et trouver refuge chez Romane. Celle-ci vit seule dans une cité voisine et accepte d´héberger l´étrange locataire.
    La ville plonge dans un mélange d´effroi et d´effervescence médiatique. Spectacle auquel participent témoins de l´accident et familles des victimes : Aiwala, un adolescent noir qui, comme Jérôme est obsédé par les noms des disparus ; et Lenny Croft, un affabulateur de haut vol, ou Pierre Damnaglia dont les lettres érotiques à sa femme sont retrouvées dans les décombres. Ces mots de l´amour arrachés à la mort diffusent une magie paradoxale au coeur même du deuil.
    Romane et Jérôme vont se découvrir peu à peu, dans une intimité semée de silences, de détours, de demi-vérités, jusqu´aux aveux échangés. Chacun cache en effet son secret et sa boîte noire, comme celle qu´a volée Jérôme : car l´avion et ses voyageurs sont la figure même du destin, de ses envoûtements, de ses révélations ténébreuses ou luxuriantes.

  • En 2040, à la veille de ses cent ans, Aurélie a réuni sa famille pour fêter son anniversaire. L'événement se déroulera au bord d'une rivière, dans une grande maison blanche, à la frontière des Pyrénées françaises et espagnoles. Ce lieu a été, quarante ans plus tôt, le théâtre d'un rendez-vous d'amour sanglant.
    Encore pleine de fougue et de magnétisme malgré les doutes et les angoisses de l'âge, Aurélie veut célébrer le triomphe de sa longévité et de sa vie aventureuse devant sa soeur Mélanie, Emma, sa belle-soeur, sa petite-nièce Ariane et surtout Loïc, son petit-fils qu'elle adore. Mais l'aïeule, qui a toujours aimé les éclats, leur a préparé un coup de théâtre. Le jour de l'anniversaire, une inconnue dévorée de colère et de passion surgit du passé meurtrier pour régler ses comptes avec la famille.
    Séductrice et prédatrice, la belle justicière met toute la tribu à l'épreuve, et surtout cette Aurélie qui la fascine et qu'elle voudrait haïr ... Lucifer, le loup banni par sa meute, Fatou, la gouvernante malienne, Maher, le passeur d'immigrés, et Nicolas, le gardien de la réserve animalière voisine, participent à ce dialogue, à cette guerre et à cette fête des femmes.
    Tel est le printemps des cent ans d'Aurélie, bouillante et lucide en ses défis, ses deuils, sa joie souveraine.

  • L'opus regroupe trois ouvrages :Les Flamboyants : Voici une saga de l'Afrique moderne légendaire centrée autour d'un général roi fou, véritable héros d'épopée, de western et de bande dessinée. Une guerre, une révolution, une quête du sacré s'enchaïnent dans un foisonnement de vie végétale et animale. Dans tout ce roman règne l'arbre tropical, symbole de cette aventure baroque.Le Paradis des orages : A travers le récit de plusieurs liaisons amoureuses, le narrateur du Paradis des orages compose un autoportrait sensuel et sensible, sans feinte ni fausse pudeur.L'Orgie, la neige : Le narrateur revient sur son enfance, un hiver 1962 en Normandie. Il retrouve la violence de son adolescence, ses premiers émois amoureux, les parties de chasse avec son père. C'est l'orgie, la neige, une saison pour découvrir le secret de sa naissance, les audaces et les angoisses de l'amour.

  • Au centre de l'aventure, Hélianthe, obsédante Diane chasseresse dont la disparition, les hypothétiques résurrections, les désordres et les sortilèges hantent tout un village. Pour le narrateur, peut-être ne reste-t-il plus d'elle que le souvenir d'un corps minutieusement célébré, et la présence de cette autre Diane, superbe setter roux auquel il voue un culte voluptueux. Mais pourquoi ce narrateur est-il aveugle ? Et que sont pour lui Judith et Christophe, les deux adolescents qui accompagnent son errance ?L'estuaire d'un fleuve de Normandie, carrefour d'échanges, effervescent théâtre d'apparitions multiples, seuil de toutes les légendes, est le lieu où s'inscrit la quête du narrateur, parmi monstres, éphèbes, filles et bêtes.

  • - Thomas, professeur de langues à Shenzhen, la mégapole chinoise, constate un matin la fugue de sa fille après une dispute où elle l'accuse d'avoir été un mauvais père. Il part à la recherche de la rebelle dans les dédales d'une cité d'autant plus exemplaire que Deng Xiaoping en a fait il y a trente ans le laboratoire du nouveau capitalisme chinois. L'ancienne bourgade est devenue depuis un monstre de seize millions d'habitants. Le roman nous offre donc le portrait de cette ville champignon où se mêlent, dans un creuset explosif, milliardaires inventifs, classe moyenne effervescente et millions d'immigrés pauvres de l'intérieur...Au coeur de toutes les errances, de tous les trafics, des crises sociales et intimes règne Lan, mélange de magnat, de médiateur, de manipulateur d'une séduction ténébreuse. Il cache avec malice, au fond de la tour de son hôtel, un secret immense... An et ses amants tarifés, Alice, aux emballements chimériques, Ding Jiao, obsédé par le passé, sont, comme Thomas à la recherche de sa fille, les symptômes de cette cité bouillonnante qui, à l'image de la Chine, n'a pas exorcisé tous ses fantômes...

    - Patrick Grainville est né en 1947 à Villers (Normandie). En 1976, il a obtenu le prix Goncourt pour Les Flamboyants. Le corps immense du président Mao est son vingt-troisième roman.

  • La Main blessée est le vingtième roman de Patrick Grainville et marque certainement un tournant dans son oeuvre. Plus intimiste que ses autres ouvrages, ce roman se teinte d'une tonalité crépusculaire alors que Patrick Grainville nous avait habitué à des textes solaires. Il y aborde en effet une expérience douloureuse, une part intime de lui-même jusque-là omise. L'écrivain revient sur sa vie, sur son oeuvre, tout en inscrivant son histoire dans le cadre d'une trame romanesque. En quelque sorte, il revisite de l'intérieur les thèmes de son imaginaire et les confronte violemment à sa vie. Un écrivain est frappé par un mal étrange et douloureux : une crampe professionnelle qui paralyse sa main et l'empêche d'écrire. Il ne tarde pas à consulter une kyrielle de thérapeutes rocambolesques... Nur, une jeune Egyptienne qui vit en France depuis qu'elle s'est séparée de son amante restée au Caire, l'entraîne dans une relation insolite où il faut inventer rituels et compromis érotiques. Nur est surtout une cavalière qui voue une passion à son alezane dorée, Melody Centauresse. Telle est la double héroïne du roman, sa figure centrale et gémellaire autour de laquelle affluent toutes les visions, toutes les obsessions. Car c'est grâce à la présence vitale et
    sensuelle des chevaux, de leurs encolures, de leurs robes, de leurs peaux que le narrateur apprivoise sa douleur et ses angoisses. A la fois, il interroge son passé, tente de remonter à la source de ses tiraillements amoureux et entre dans un paradis animal et luxuriant. Danse avec les chevaux pour conjurer la main du destin.

  • L'océan et les arènes, l'Atlantique et les taureaux, les jeux des amants. Liés par un pacte de non-retour, Eric et Léna fuient vers le Sud et le soleil. Dans les Landes et le Pays Basque, ils vont retrouver Angel, voué à de singuliers rituels tauromachiques. Car les héros de cette aventure sont toujours tentés par la transgression. Nomades et spontanés, manipulateurs ou manipulés, ils ne reculent pas devant l'équivoque et les expériences inédites. Ainsi, grâce au surf, Léna affronte la vague toute-puissante, tandis qu'Eric assiste au combat d'Orion, l'imprévisible Minotaure. Entre rage et fragilité, défi et déchirement, Eric et Léna sont les amants du monde. De ses matières, de ses lumières et de sa chair. Ils aiment la prouesse, le danger, et découvrent la mélancolie. Leur culte, c'est l'Atlantique ouvert et la corrida des secrets.

  • Depuis dix ans, je passe presque chaque jour devant les tours de La Défense. Ce cosmos moderne et mathématique me semblait imprenable. Il me faisait peur. Invinciblement pourtant m'attiraient ces icebergs et ces miroirs où peu à peu je voyais affleurer les personnages, les mythes et les superstitions du troisième millénaire. Explorant ce quartier, je découvris des tunnels, des coursives, des chantiers, des caves, des parkings, ramifications dignes des Mystères de Paris. Peut-être ai-je rencontré Esmeralda et Quasimodo dans ces notre-Dame faussement transparentes.J'imaginai une jeune femme au coeur du labyrinthe : Elodie était sculpteur et construisait un mobile infini. Il me fallait une bête (je ne puis écrire que sous cette emprise) ; les confidences d'un jeune Zaïrois me révélèrent l'existence d'un monstre dont plus tard divers documents m'attestèrent l'apparition au fil des siècles : un roi des rats. Ce serait l'idole barbare des gosses de La Défense, bande d'enfants-pirates de diverses races qui vivait dans les parkings.Raphaël, un banquier inventif friand d'adolescentes, et Chandor, un médecin de nuit équivoque, nouaient des intrigues et entretenaient des énigmes autour d'Elodie et des enfants. Elodie et Chandor avaient choisi l'épreuve et l'aventure d'une longue convoitise... Tandis que j'écrivais, la planète redoutait un désastre. Un cercle d'angoisse et de désir enveloppa mes pures citadelles. Désormais, j'étais entré dans l'histoire véridique et légendaire des tours de La Défense.Patrick Grainville

  • Colere

    Patrick Grainville

    • Seuil
    • 3 Janvier 1992

    A Marine, fulgurante et perdue.A Sylvie des favelas.A Napoleon Hugo, le chauffeur de taxi.A toutes les Carmelina du Brésil. A Gilberto Gil pour la musique surnaturelle de Mãe Menininha.A la générosité rouge d'une vraie terre, à sa chair.A Rio dévoilée toujours à l'aurore.A sa Zone Nord immense comme la peur de la mort, à sa colère.A la cité unique.Aux Deux Frères, Dois Irmãos.

  • L'atelier se dresse à Venice, Los Angeles, face au Pacifique. Après avoir fui son pays et son passé, un peintre français règne sur ce temple voué à l'art, tout en luttant contre les surenchères de la mode et les gadgets qui envahissent la ville. Maître tyrannique, il initie une poignée d'élèves, de favoris, de modèles, aux techniques les plus ambitieuses. Des conflits déchirent ce groupe de jeunes marginaux partagés entre Sodome et Gomorrhe : révoltes, complots, rivalités, amours. Avec ses deux élèves préférés, le peintre entretient une relation passionnelle où se révèlent les rapports ambigus entre le maître et ses disciples, une filiation à la fois désirée et différée. Mais la boulimie de peindre soude le groupe qui pourchasse ses modèles jusque dans les faubourgs crapuleux. Car l'atelier est un miroir ou toute la ville - élites et voyous - inscrit sa vérité, sa soif d'éternité. L'atelier, au centre de cette formidable galaxie urbaine, c'est l'oeil du cyclone, le Radeau de la Méduse de la peinture menacée, de l'art seul contre tous. Projet héroïque et donquichottesque mené jusqu'à l'aveuglement et le meurtre, mais qui survivra aux révélations les plus douloureuses.

  • Clotilde, une étudiante en crise, un rat surdoué appelé Dante, un nu somptueux du photographe Helmut Newton, tel est le triangle inattendu à la base de ce roman. Entourée d'Armelle, sa soeur
    exubérante, de Salah, et de Carine, tous aptes à l'aventure et aux excès amoureux, Clotilde, grâce aux règles drastiques de la danse classique tente de maîtriser ses angoisses et de forger ses pas
    dans la vie. Mais que lui veut, Dante, le rat trop vigilant qu'un voisin soumet dans un labyrinthe à des tests de plus en plus compliqués ? Ce prédateur plein de malice et d'inquiétante lucidité, tantôt
    captif, tantôt vagabond, ne cesse de dévoiler sa double nature bestiale et mystérieusement lumineuse. Pour exorciser son effroi, Clotilde s'est entichée d'une certaine Nora, modèle de Newton
    qu'une photo représente dénudée armée d'un colossal couteau de cuisinière improvisée. Ce roman nous révèle aussi pourquoi la jeune fille a horreur du dimanche, des petits plats bien mitonnés, et
    surtout du poulet fermier rôti dont sa grand-mère raffole et pourquoi, elle seule et Dante, son ennemi favori, connaissent la vérité sur la mort d'Helmut Newton, le roi des femmes !

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