Andrea Paganini

  • Dans la culture songhay-zarma du Niger, on nomme fo nda tilas les « saluts d'irrémédiable » faits à l'occasion de la disparition d'un proche. Ayant adopté ce mode de salut et d'hommage, et l'ayant élargi d'emblée aux vivants, Jean Rouch en a fait l'une de ses pratiques les plus régulières. L'ethnographe-cinéaste s'est en effet constamment nourri en poète de ce que pouvaient lui apporter les autres, et n'a jamais hésité à le faire savoir. Écrits ou dits pour des personnes connues et aimées, ces textes forment autant de portraits de proches, amis et compagnons de route et de travail, et d'instantanés de leurs parcours dans les domaines du cinéma et de l'anthropologie, mais aussi de la culture visuelle et de l'art, de la recherche fondamentale et des savoirs traditionnels, de l'exploration et de la politique.

    Rassembler ces écrits (dont plusieurs inédits) pour la première fois, permet de mettre en lumière, outre une manière d'autoportrait en creux de l'auteur, certains aspects moins commentés de son oeuvre, et en premier lieu un bel art du portrait, lequel accompagne tout naturellement la pratique de l'hommage et l'exercice d'admiration, particulièrement sensibles à la fin de sa longue et riche trajectoire.

    Voici une anthologie de textes singuliers d'un scientifique et d'un artiste, d'un savant et d'un poète, d'un homme aux réseaux d'activités et d'amitiés multiples et étendus, d'un homme à l'oeuvre aux mille facettes et aux mille rencontres, d'un homme d'images à la très belle plume

  • "Ce livre-DVD propose d'en donner un aperçu à partir de trois films rares et de quelques images prélevées dans son oeuvre filmique, de quelques photogrammes scannés à partir de cette pellicule 16 mm qu'il affectionnait : trente-six images à peine, pour une oeuvre filmique imposante et polymorphe aux quelques cent quatre-vingt titres, entre films achevés et, pour près de la moitié, inachevés.
    Des choix dictés par les lames de fond et les lignes de crête de l'oeuvre, autour de thèmes ou motifs qui paraissent la travailler : des gestes de travail aux déclinaisons de féminités, des modernités que Rouch découvre avec enthousiasme et étonnement, aux regards, rires ou pulsions scopiques...
    Quant aux trois films présentés ici - dont l'inédit et inachevé Cousin cousine, où l'on retrouve Damouré Zika... à Venise ! -, eux aussi traversent l'oeuvre, des années 1960 aux années 1980, du documentaire à l'ethno-fiction, des goumbés d'Abidjan aux rites...

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